sexta-feira, 28 de janeiro de 2022

Playbook Paris: Top of the Pop — Marine à Madrid — Macron en ligne

 


Playbook Paris: Top of the Pop — Marine à Madrid — Macron en ligne

BY JULIETTE DROZ

January 28, 2022 7:00 am

https://www.politico.eu/newsletter/playbook-paris/top-of-the-pop-marine-a-madrid-macron-en-ligne/

 

POLITICO Playbook Paris

Par JULIETTE DROZ

https://www.politico.eu/newsletter/playbook-paris/top-of-the-pop-marine-a-madrid-macron-en-ligne/

 

Bonjour à toutes et à tous, bon réveil, nous sommes vendredi 28 janvier 2022.

 

PRIMAIRE POPULAIRE

UN LONG DIMANCHE ET UNE MÉDAILLE. Si jamais vous avez prévu d’aller faire un tour en famille à la Villette, ce dimanche à Paris, ne soyez pas surpris d’y croiser de jeunes gens qui tenteront de convaincre vos enfants du bien-fondé de l’union de la gauche. Les organisateurs de la Primaire populaire ont en effet prévu de fêter l’épilogue de leur chevauchée au Trabendo, salle de spectacle bien connue du Nord-est parisien, où ils seront déjà en train de se ronger les ongles aux alentours de 17 heures, à la clôture de la consultation en ligne.

 

Top of the Pop. Hier encore, une question faisait transpirer à grosses gouttes certains ténors de la gauche et des écologistes : qui remportera la timbale dominicale, qui sera dévoilée un peu avant 19 heures ? Parmi les sept candidats à se disputer le bifteck, trois y figurent à leur corps défendant : Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. Les quatre autres, dont Christiane Taubira, ont accepté de se plier au résultat, même si l’ancienne Garde des Sceaux a récemment instillé un petit doute sur son soutien au gagnant, en cas de défaite personnelle.

 

Dans la vie on ne sait jamais. L’ancienne ministre de François Hollande est en tout cas la seule du casting à avoir pris les devants. Le scénario d’un “before” serait à l’étude selon les infos glanées par votre infolettre, son entourage indiquant avoir réservé une salle à Paris, depuis laquelle Taubira pourrait prendre une première fois la parole devant ses troupes, si elle arrivait en tête, avant de rejoindre la soirée militante organisée par la Primaire populaire.

 

Du côté des autres écuries de gauche, hier soir, on faisait mine d’avoir mieux à faire dimanche que de prêter attention à tout ce ramdam. Un proche de Yannick Jadot indiquait à Playbook que son candidat ne s’exprimerait qu’en cas de victoire, hypothèse jugée hautement improbable par l’état-major de la campagne écolo.

 

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Cette inflexibilité a crispé jusque dans les rangs du conseil politique de la campagne jadiste, où des discussions houleuses ont animé la réunion de la semaine dernière. L’un de ses membres, avec qui Playbook a discuté au téléphone hier, plaide avec d’autres pour qu’une nouvelle ligne de conduite soit définie après le résultat du vote. Une option sèchement balayée selon ce membre qui nous décrit en des termes peu amènes “une connerie monumentale”, avec le risque de “braquer” l’électorat écolo.

 

Le go d’Hidalgo. Anne Hidalgo, malgré son refus, encore répété hier, de prendre part au scrutin, a en tout cas cru bon d’afficher une bonne image auprès des inscrits. Le petit demi-million de participants a en effet reçu, par mail, hier main, les professions de foi des candidats sous la forme d’un petit clip. La vidéo de présentation d’Hidalgo aurait été choisie et validée par les équipes de la candidate, a appris Playbook, l’un de ses proches s’en expliquant hier soir : “si les gens passent une heure ou deux sur le site, autant qu’ils regardent les contenus les plus utiles ou intéressants…”.

 

La primaire pompe l’air. Un cadre du PS nous confirmant l’ambiance un peu fébrile dans les rangs socialistes : “Tout le monde a les yeux rivés là-dessus” et le déchirement probable de la famille en cas de victoire de Taubira, “le sujet derrière, c’est qu’est ce qu’il se passe pour la candidate socialiste ? Ça risque de changer pas mal de choses…”

 

Hantise. Le scénario le plus redouté par certains bénévoles de la Primaire pop’ est en réalité celui d’une victoire de Jean-Luc Mélenchon : “S’il gagne, ça peut provoquer une crise majeure”, s’inquiétait un membre de l’orga hier auprès de Playbook, en raison de la guerre non dissimulée que livre depuis plusieurs semaines la France Insoumise contre le mouvement citoyen et ses représentants.

 

LE JOUR D’APRES. Quel que soit le vainqueur, l’heureuse ou heureux élu devra s’engager à tenter de rassembler la gauche, en paraphant le dénommé “contrat de rassemblement”, dont Playbook vous parlait dès hier. Le gagnant aura trois jours pour apposer sa signature sur le bout de papier, sans quoi, il n’obtiendra ni le soutien de la Primaire populaire, ni de ses 5000 militants et pourra s’asseoir sur les parrainages que 150 élus réservent au gagnant.

 

La vengeance de la primaire. Interrogés par votre infolettre sur l’éventualité d’un flop, si jamais le vainqueur balayait d’un revers de main les conditions citées plus haut, un bénévole de la Primaire pop nous disait très tranquillement : “Si c’est le cas, on appliquera la même méthode pour les législatives. On ira dans les circos foutre la pression”. Il conclut : “ils ont pas fini d’entendre parler de nous”. A bon entendeur.

 

MARINE À MADRID

AMICALEMENT VOX. Marine Le Pen s’envole aujourd’hui pour l’Espagne, à l’occasion d’un nouveau grand raout des leaders nationalistes européens, à l’invitation de ses alliés locaux du parti Vox. Ce sommet de deux jours intervient après un rassemblement similaire au mois de décembre, à Varsovie, qui s’était soldé par un échec. Les représentants des partis présents n’étaient alors pas parvenus à tomber d’accord en vue d’une grande alliance des souveraino-nationalistes au Parlement européen, raison pour laquelle tout ce beau monde a décidé de remettre le couvert tous les deux mois.

 

Tapas et patriotes. Outre de belles photos pour les réseaux de la candidate du RN et un bain de soleil aux côtés des Premiers ministres hongrois et polonais, cette escapade madrilène ne devrait pas faire bouger les lignes outre mesure, la création de ce super-groupe des nationalistes étant jugée improbable avant la fin du mandat.

 

Cette virée hors de l’Hexagone est surtout pour Marine Le Pen une occasion de se démarquer de son rival Eric Zemmour sur le terrain de la crédibilité à l’international. Il s’agit de montrer que “dans l’hypothèse d’une victoire à la présidentielle, on ne serait pas isolés sur la scène européenne”, expliquait hier un cadre du RN à Playbook, à l’inverse d’un Zemmour qui préférerait oublier les séquences bad buzz de Londres et Genève qui lui collent aux mocassins.

 

Le déplacement est aussi une bonne opportunité pour la candidate de chouchouter l’eurodéputé Nicolas Bay, dont il se murmure avec insistance qu’il pourrait à son tour basculer dans le camp Zemmour. Initialement, il ne devait pas être du voyage, mais le départ de ses camarades de Bruxelles Jérôme Rivière et Gilbert Collard, a, semble-t-il, conduit les stratèges marinistes à revoir leurs plans. La cellule de presse du RN a ainsi publié un communiqué annonçant le déplacement commun Le Pen-Bay en Espagne pile au moment où la rumeur de son départ s’intensifiait.

 

Guerre des nerfs. Les petites rivières feront-elles les grands fleuves ? “Si ça se limite à deux personnes, ça ira, mais s’il y a d’autres poids lourds qui partent…” se désole un membre du Conseil national. Un fin observateur des coulisses de Bruxelles redoute également, si de nouveaux transferts avaient lieu, l’apparition d’un pôle zemmouriste au Parlement européen, nous confiant que certains parlementaires des autres délégations s’intéressent de près à l’ascension du polémiste.

 

Spectacle de Marionnette. Histoire rajouter un peu de pili-pili au feuilleton fratricide entre les deux écuries d’extrême droite, Marion Maréchal sort de son silence ce matin dans le Parisien. La nièce de Marine Le Pen dit “réfléchir” à rejoindre la campagne “d’Eric” et assure qu’elle ne soutiendra pas sa tante. Elle rendra sa décision dans un mois.

 

PLAYBOOK EXPRESS

PLACE VENDÔME VISÉ PAR UN PIRATAGE. Le gang du ransomware Lockbit 2.0 a ajouté le ministère de la justice à sa longue liste de victimes, publiée sur un site de fuite de données et consultée par POLITICO. Le ministère a jusqu’au 10 février pour payer une rançon, faute de quoi “toutes les données disponibles seront publiées” sur le dark web, menacent les pirates, sans qu’on sache vraiment quelles sont ces données. “Le ministère de la Justice a pris connaissance de l’alerte, et s’est immédiatement organisé pour procéder aux vérifications nécessaires, en lien avec les services compétents dans ce domaine”, a affirmé une porte-parole du ministère. Mes collègues Laurens Cerulus et Laura Kayali vous en disent plus ici (en anglais).

 

LES MACRONISTES EN LIGNE. Un site web présageant l’imminente campagne d’Emmanuel Macron a été mis en ligne dans la nuit de mercredi à jeudi, sous le nom de domaine : Avecvous2022.fr. En parallèle, des affiches ont fleuri à travers le pays, floquées du simple slogan “Avec vous”, sans nom de candidat ou de parti, mais renvoyant vers le site et les réseaux sociaux de cette campagne. Si la page principale du site présente simplement des témoignages de citoyens sur leur vie quotidienne ou leurs espoirs, il s’agit bien d’une initiative de la majorité présidentielle comme vous le raconte Le Figaro.

 

ESCAPADE EN SOLOGNE. Aujourd’hui, Eric Zemmour se rend dans le charmant village de Chaumont-sur-Tharonne, dans le Loir-et-Cher. Visite prévisible, puisqu’il s’agit du fief de son nouvel allié Guillaume Peltier, visé par une enquête sur l’utilisation de fonds publics.

 

Visite surprise ? Le maire de Chaumont-sur-Tharonne ignorait la venue du candidat, comme le rapporte La Nouvelle République, ayant été à l’origine contacté par l’équipe parlementaire de Peltier. “Maintenant, c’est un peu tard pour annuler,” regrette le maire. En tout cas, la salle communale va devoir pousser les murs pour accueillir les 425 inscrits.

 

Le déplacement de campagne agace. “Si c’est l’assistante parlementaire de Guillaume Peltier, payée avec les moyens de la République, qui a réservé les salles du candidat Zemmour, ce n’est pas une erreur, c’est une récidive,” lâche un maire voisin à la presse locale.

 

LA FRANCE SNOBE LA CHINE. La grande puissance n’est pas sur la guest list du forum pour l’Indo-Pacifique qui se tiendra à Paris le 22 février. L’événement réunira des ministres de l’UE et de 30 pays de la région, comme le Japon ou encore l’Australie, à qui la France tend la main après un long froid diplomatique. Objectif : discuter sécurité, défense, numérique et connectivité dans le contexte du “Global Gateway”, plan européen qui se veut être la réponse contre les “nouvelles routes de la soie” chinoises. Mon collègue Stuart Lau vous raconte les “signaux contradictoires” de Macron vis-à-vis de la Chine ici (en anglais).

 

BARN AFTER READING. Mes collègues du Brussels Playbook publient aujourd’hui leur entretien avec Michel Barnier, de passage dans la capitale belge. Celui qui fut la voix de l’Europe pendant la négociation du Brexit dit “ne pas avoir de nostalgie.” Traduction : il ne reviendra pas. Il égratigne au passage les “technos” de la Commission européenne : “Ils sont très intelligents, très compétents”, commence-t-il. Mais il y a un mais : “ce sont des gens qui sont très sûrs d’eux et qui pensent qu’ils ont toujours raison, et ce n’est pas le cas. Donc les politiques doivent reprendre la main, ici à Bruxelles comme à Paris. Le reste de l’entretien, sur ses ambitions en France et son bilan du Brexit est à retrouver ici.

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