Playbook Paris: RDV à Matignon — Les bourses ou
la vie — Chassaigne fait son numéro
BY ELISA
BERTHOLOMEY AND ANTHONY LATTIER
MARCH 29,
2023 7:02 AM CET
POLITICO
Playbook Paris
Par ELISA
BERTHOLOMEY
Avec
ANTHONY LATTIER
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VERS LE
BOUT DU TUNNEL ?
RENDEZ-VOUS
À MATIGNON. Après moult cafouillages hier, on sait désormais qu’Elisabeth Borne
recevra l’intersyndicale en début de semaine prochaine. L’invitation a été
lancée dans l’après-midi alors que s’achevait une journée de mobilisation moins
suivie que jeudi dernier, sans être un flop complet. Invité de Quotidien hier
soir, Laurent Berger, le patron de la CFDT — qui a dévoilé l’information avant
qu’elle ne soit confirmée par Matignon — a répondu qu’il s’y rendra… Mais bien
pour parler retraites, et non de tous les autres chantiers que l’exécutif veut
mettre sur la table à la place.
La propale.
Plus tôt dans la journée, sur France Inter, Berger avait proposé de “mettre en
place une médiation” pour “regarder sur quoi il peut y avoir un compromis ou
non”. Le leader syndical redemandait au passage de “mettre en suspens la
réforme”.
Niet ! La
proposition n’aura que peu vécue puisqu’à peine le conseil des ministres
terminé, Olivier Véran y opposait une nette fin de non-recevoir. “On n’a pas
forcément besoin de médiation pour se parler. On peut se parler directement”,
a-t-il rétorqué. Une fermeté qui a surpris jusque dans les rangs de l’exécutif
où l’on s’étonnait du ton “très sec” du porte-parole du gouvernement.
**Un message de
Universcience: Découvrez les résultats du Baromètre de l’esprit critique 2023
d’Universcience (Établissement public du Palais de la découverte et de la Cité
des sciences et de l’industrie).**
Dans la
nasse. “C’est une connerie, il aurait dû proposer autre chose et renvoyer la
balle sur les syndicats”, analysait après coup un conseiller ministériel. Le
même considérait qu’avec sa proposition, Berger avait tendu “un piège au
gouvernement” en posant comme condition préalable de “mettre en suspens la
réforme”. On a connu plus fourbe, comme piège, que la poursuite des
revendications exprimées depuis des mois.
Le MoDem achète.
La proposition de Berger avait pourtant trouvé un certain écho à l’Assemblée
nationale où Jean-Paul Mattei, le patron du groupe MoDem affirmait vouloir
“saisir cette main tendue”… avant de tempérer ses propos quelques heures plus
tard.
Martinez à
la montagne. Pas sûr que Philippe Martinez, le patron de la CGT sur le départ —
qui a lui aussi demandé hier matin une suspension de la réforme dans la
perspective d’une médiation — soit présent la semaine prochaine. On connaîtra à la fin de cette semaine le
nom du (ou de la) camarade qui lui succèdera, à l’issue du congrès du syndicat
à Clermont-Ferrand. Ce qui est certain, c’est que l’approche rouge velours du
leader moustachu, qui se montre encore ouvert à la discussion aujourd’hui, ne
fait pas l’unanimité au sein du syndicat. Son bilan fut désavoué hier par une
courte majorité, et de nombreuses prises de paroles ont rejeté l’idée d’une
médiation, optant pour une stratégie moins conciliante.
LES BOURSES OU LA
VIE. La preuve que tout n’est pas à l’arrêt côté exécutif : Sylvie Retailleau
présentera en début d’après-midi les premières mesures de la réforme des
bourses, pour laquelle elle mène des consultations depuis octobre dernier. La
ministre de l’Enseignement supérieur a été autorisée à monter au front alors
que les membres du gouvernement ont été priés de limiter les déplacements et
les prises de parole en cette période de colère sociale. C’est bien que
l’exécutif a l’espoir de faire redescendre la pression alors que les jeunes
sont de plus en plus nombreux dans les cortèges.
Les annonces. Le
ministère mise sur le fait d’aider “plus d’étudiants à faire face à la
précarité”, nous écrivait un conseiller hier dans la soirée. Le barème de
revenu des parents sera donc rehaussé pour rendre le système accessible à plus
de jeunes et les montants versés aux étudiants seront revalorisés. Grâce à ces
deux mesures, le ministère espère réduire le nombre d’étudiants victimes des
effets de seuil. Au total, 500 millions d’euros ont été budgétés pour financer
ces mesures.
DANS LA MAJORITÉ
VOL DE PPL ?
Alors que les groupes de la majorité présidentielle font tout pour montrer leur
bonne entente, le groupe Horizons se fâche à nouveau. Les philippistes se
courroucent au sujet d’une proposition de loi (PPL) en cours de rédaction du
député Horizons Frédéric Valletoux. Le texte vise à faciliter l’installation et
le maintien d’hôtels, de bars et de restaurants dans les campagnes. Mais le
groupe accuse le ministère des Collectivités territoriales, dirigé par
Dominique Faure, d’avoir “piqué” sa PPL pour la “balancer” au Sénat. Une
proposition de loi sur ce même sujet a en effet été déposée le 21 mars par le
RDPI, le groupe de François Patriat, soutien du chef de l’Etat.
Auberge
espagnole. Interrogé par Playbook, un conseiller de la ministre Faure
contestait hier cette présentation des faits. Il rappelait que d’autres députés
que Valletoux avaient réfléchi à la revitalisation des “lieux de convivialité
en milieu rural” (comme le député MoDem Richard Ramos qui avait lui aussi
déposé sa PPL). Il assurait aussi que le texte présenté au Sénat était un
“nouveau texte” qui avait été “retravaillé”. Le sénateur François Patriat, joint hier,
confirmait que son groupe “avait travaillé en accord avec le gouvernement”.
Viens boire
un p’tit coup. Par rapport au projet de texte de Valletoux, consulté par
Playbook, la rédaction des articles de la PPL du Sénat est légèrement
différente. Elle intègre une
mesure supplémentaire pour créer de nouvelles licences IV dans les petites
communes — car figurez-vous qu’il est impossible de créer ex nihilo de
nouvelles licences de débit de boisson.
Droits d’auteur.
En revanche, votre infolettre a bien constaté que l’exposé des motifs (la
partie qui explique les objectifs de la proposition de loi) reprenait pratiquement
mot pour mot celle rédigée par Valletoux. “Ils n’ont même pas changé une
virgule ! C’est du jamais vu de la part d’un cabinet”, enrageait hier le député
Horizons. De son côté, Patriat temporisait : “Dans la période, il vaut mieux la
jouer groupir au sein de la majorité”.
COURRIER DES
LECTEURS. Aurore Bergé n’en démord pas : si, si, elle avait bien interrogé,
juste avant de s’exprimer sur France Inter dimanche 20 mars, les présidents des
groupes MoDem et Horizons, Jean-Paul Mattei et Laurent Marcangeli, pour savoir
“s’ils étaient d’accord” qu’elle demande à accélérer sur le sujet du partage de
la valeur. Et ils l’étaient ! C’est en tout cas ce que nous a certifié la
cheffe de file des députés Renaissance, hier matin, après avoir découvert que
nous évoquions dans notre édition du jour le courrier furibard que ses deux
homologues lui avaient adressé à ce sujet.
Parole contre
parole. Sauf que dans la lettre — que nous avons pu consulter — les présidents
des deux partis alliés de Renaissance alertent précisément Bergé sur la
question du partage de la valeur en ces termes : “il nous paraît raisonnable de
ne pas nous précipiter quant au véhicule législatif qu’il conviendra de
privilégier”. Et
d’enfoncer le clou en demandant que la décision soit prise “en lien avec le
gouvernement et les organisations syndicales et patronales”, qui ont signé un
accord interprofessionnel sur cette question.
Pour
mémoire : fin février, lors d’une convention sur le partage de la valeur, la
Première ministre avait fait part de son intention de reprendre l’accord en
question.
EN CHAMBRE
ET LA PPL
MCKINSEY ? Le sort de la proposition de loi pour réguler l’intervention des
cabinets de conseil a donné lieu à une passe d’armes entre majorité et
oppositions, lors de la conférence des présidents qui s’est tenue hier à
l’Assemblée nationale. Furieux que la commission des lois ne se précipite pas
pour inscrire l’examen de cette PPL communiste — et votée au Sénat — à
l’agenda, André Chassaigne, le président du groupe GDR, a saisi l’occasion pour
remettre en cause les semaines de niche transpartisane, une initiative de Yaël
Braun-Pivet.
La majo est
mino. Soutenu par les sept groupes d’opposition, Chassaigne s’est notamment
plaint du fait que deux-tiers de la semaine soit dévolus à Renaissance alors
que le groupe est minoritaire dans l’hémicycle. Il a aussi réclamé plus de temps pour des textes
réellement transpartisans. “Ils ont fait un numéro concerté et logique pour
tenter de mettre la pression sur l’examen de la PPL sur les cabinets de
conseil”, décryptait un participant joint par Playbook dans la soirée.
Sous-titres
fournis par Playbook : si la commission des lois consent à examiner le texte,
les oppositions ne remettront plus en cause le bébé de Braun-Pivet. Pour apaiser la grogne et tenter de gagner
du temps, la présidente de l’Assemblée a suggéré aux groupes de faire de
nouvelles propositions pour organiser au mieux ces niches, propositions qui
seront examinées lors d’une prochaine conférence des présidents.
PÉTITION ANTI
BRAV-M. La commission des lois de l’Assemblée doit désigner aujourd’hui un
rapporteur chargé d’examiner la pétition pour la dissolution de la BRAV-M, dont
le nombre de signataires dépasse ce matin les 165 000 signataires. La
nomination d’un rapporteur est de droit lorsque la barre des 100 000 signatures
est passée. La recevabilité de cette pétition sera examinée la semaine du 12
avril, a indiqué hier le président de la Commission des Lois, Sacha Houlié. Le
rapporteur désigné peut soit proposer l’organisation d’un débat faisant l’objet
d’un rapport parlementaire, soit classer la pétition.
En attendant,
Sacha Houlié veut auditionner le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin la
semaine prochaine, au sujet du maintien de l’ordre. Les agissements de la
BRAV-M, la brigade de la répression de l’action violente motorisée, lors des
récentes manifestations, sont décriés. L’enregistrement d’une interpellation émaillée
de propos racistes et dégradants, diffusée le 24 mars par Loopsider et vue des
millions de fois sur les réseaux sociaux, a probablement contribué au succès de
la pétition déposée la veille par un militant de la Seine-Saint-Denis.
PLAYBOOK EXPRESS
OBSESSION. Le
Rassemblement national a beau répéter qu’il ne se préoccupe plus d’Éric
Zemmour, Playbook en a la preuve contraire. La simple évocation par votre
infolettre hier de la convention électorale de Reconquête n’a pas manqué de
faire réagir les cadres du RN que notre collègue Antoine Comte a eu au bout du
fil. “Rassurez-moi, il y aura une séance de dédicaces pour vendre son bouquin
?”, a ironisé un proche de Marine Le Pen, quand d’autres ont comparé
l’événement à “une kermesse” ou “une tentative désespérée de naufragés qui
veulent sortir la tête de l’eau”.
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européenne dévoilera dans quelques semaines la révision de la législation
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AUSSI À L’AGENDA
Elisabeth Borne
reçoit les chefs de parti de la majorité.
Olivier Dussopt
s’entretient à 13 heures avec les garants des Assises du Travail. Clément
Beaune présente à 11h30 les mesures du plan national pour mieux réguler les
trottinettes électriques. Sylvie Retailleau présente le nouveau système de
bourses pour les étudiants lors d’une conférence de presse à 14 heures. Roland
Lescure inaugure à 11h30 le salon du made in France Première Vision à Paris.
Olivia Grégoire rencontre à 16h30 Christelle Morançais, présidente du conseil
régional des Pays de la Loire. Laurence Boone est en déplacement à Washington.
Jean-Noël Barrot intervient à 17 heures lors du FD3 organisé par France
digitale.
Assemblée
nationale : En séance publique à 15 heures et 21h30, suite de la discussion de
la proposition de loi visant à lutter contre le dumping social sur le
transmanche, suite de la discussion de la proposition de loi visant à améliorer
l’encadrement des centres de santé et discussion de l’examen de la proposition
de loi sur la lutte contre les arnaques et les dérives des influenceurs sur les
réseaux sociaux. La commission des finances auditionne à 9 heures Pierre
Moscovici, président du conseil des prélèvements obligatoires. La commission
des affaires étrangères auditionne à 9 heures Yann Hwang, représentant
permanent de la France auprès de la Conférence du désarmement à Genève de 2018
à 2022. A 11 heures, audition à huis clos d’Étienne de Poncins, ambassadeur de
France en Ukraine. La commission des lois examine à 9h30 la proposition de loi
pour dresser un état des lieux de la menace terroriste d’extrême droite.
La commission
d’enquête chargée de faire la lumière sur les dysfonctionnements au sein de
l’administration pénitentiaire auditionne à 16 heures Christiane Taubira,
ancienne garde des Sceaux.
Sénat : En séance
publique à 15 heures, questions au gouvernement. La commission aménagement du
territoire auditionne à 9 heures Éric Jeansannetas, président, et Vincent
Delahaye, rapporteur de la commission d’enquête 2020 sur le contrôle des
concessions autoroutières, Pierre Coppey, président de la société Vinci et
Arnaud Quémard, directeur général de la SANEF.
PCF : “Avec vous
sans tabou”, poursuite du tour de France de Fabien Roussel à Manosque dans les
Alpes-de-Haute-Provence. Reconquête : Eric Zemmour dédicace son
dernier livre à Deauville

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