Playbook Paris: Macron tacle Borne — PPL
Influenceurs — Reconquête veut sa revanche
BY ELISA
BERTHOLOMEY AND ANTHONY LATTIER
MARCH 28,
2023 7:06 AM CET
POLITICO
Playbook Paris
Par ELISA
BERTHOLOMEY
Avec
ANTHONY LATTIER
Bonjour à
toutes et à tous, bon réveil, nous sommes mardi 28 mars 2023. Aujourd’hui se tient la dixième journée de
manifestations contre la réforme des retraites. Une journée sous haute
surveillance alors que le ministère de l’Intérieur s’attend à des “risques très
importants de troubles à l’ordre public”. La situation de deux manifestants de
Sainte-Soline, actuellement entre la vie et la mort, risque de tendre encore
plus la situation.
Maintien de
l’ordre. Pour l’occasion, un “dispositif de sécurité inédit” va être mis en
place : 13 000 policiers et gendarmes sont mobilisés dont 5500 à Paris, a
détaillé Gérald Darmanin lors d’une conférence de presse hier. Un schéma de
maintien de l’ordre que le patron de Beauvau a eu l’occasion de présenter à
Emmanuel Macron : il s’est entretenu en privé avec le chef de l’Etat à l’issue
du déjeuner réunissant les ministres et les chefs de la majorité hier à
l’Elysée.
RÉFORME DES
RETRAITES
MACRON TACLE
BORNE. C’est peu dire que la promesse d’Elisabeth Borne, qui a juré dimanche à
l’AFP qu’elle ne se servirait de l’article 49.3 que pour les articles
budgétaires, a déplu à l’Elysée — l’Opinion s’en fait l’écho ce matin, citant
un conseiller du chef de l’Etat. Mais selon les informations recueillies par
votre infolettre, Emmanuel Macron lui-même a fait savoir tout le mal qu’il
pense de cette initiative, et sans détour. Interrogé en privé, le chef de
l’Etat a jugé “stupide” la sortie de sa Première ministre, précisant que cette
initiative “n’engage qu’elle”.
Entre les lignes.
Le souhait de Borne de ne plus recourir au 49.3 “en dehors des textes
financiers” a de fait été reçu au mieux avec surprise, au pire avec effroi.
“C’est comme si elle disait : ‘j’arrête la cocaïne’. Si c’est toxique, il ne
fallait pas s’y mettre !”, grinçait un ancien conseiller de l’Elysée joint par
Playbook hier, pour qui cette maladresse de communication est le signe d’un
“immense bordel”.
**Un message de
Universcience: Découvrez les résultats du Baromètre de l’esprit critique 2023
d’Universcience (Établissement public du Palais de la découverte et de la Cité
des sciences et de l’industrie).**
LE RETOUR DE
JUPITER. S’il a chargé sa Première ministre de mener des consultations pour
définir un nouveau “programme de gouvernement”, Emmanuel Macron semble décidé à
prendre lui-même les choses en main pour sortir de la crise. Pendant que Borne
enchaînait les rendez-vous avec ostentation, une réunion “stratégique” bien
plus discrète avait lieu hier soir au Palais entre le président et son cabinet,
a appris Playbook de diverses sources élyséennes — certaines jurant leurs
grands dieux qu’il s’agissait d’une banale réunion “d’agenda”.
Réchauffement.
Plus tôt dans la journée, l’entourage du chef de l’Etat s’attelait à relayer
quelques messages sur son état d’esprit. “Il faut continuer à tendre la main
aux forces syndicales”, a ainsi déclaré le président lors d’un déjeuner avec
les ministres et les cadres de la majorité — une phrase qui rentre tout pile
dans les bandeaux de chaîne d’info. Son bras droit, Alexis Kohler, avait en
outre téléphoné à Laurent Berger en fin de semaine dernière.
Faire un pas.
D’après un autre ex du Palais consulté hier soir par votre infolettre, deux
lignes s’affrontent autour de Macron : d’un côté, ceux qui plaident en faveur
de la recherche d’un compromis avec les syndicats. C’est le cas de
l’ex-conseiller spécial Philippe Grangeon. S’il se défend d’être sorti de sa
réserve pour donner des conseils au chef de l’Etat, il aurait tout de même
suggéré en interne de trouver un accord sur l’âge de départ en le ramenant à 63
ans. De l’autre, ceux qui poussent Emmanuel Macron à rester “inflexible”.
Tout doux,
Doudou. Dans le viseur des premiers, notamment : Édouard Philippe. “Il ne faut
pas revenir en arrière”, a-t-il déclaré hier sur le plateau de Quotidien. Si
l’ancien Premier ministre ne prend pas le risque — comme il a pu le faire
auparavant — de pousser pour un report de l’âge de départ à 65, 66 ou 67 ans,
il rappelle qu’il s’agit de “l’âge légal de départ en Allemagne, Italie et
Espagne”. Bien au-delà de 63 ou 64 ans donc — même si, d’après l’OCDE, la
France se situe autour de la moyenne européenne lorsqu’il s’agit de l’âge
effectif de départ à la retraite.
EN CHAMBRE
PPL INFLUENCEURS
EN SÉANCE. Co-signée par le député apparenté Renaissance Stéphane Vojetta et le
socialiste Arthur Delaporte, la proposition de loi pour lutter contre les
arnaques et les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux est examinée à
partir d’aujourd’hui à l’Assemblée. Le texte, adopté à l’unanimité en
commission, propose une définition juridique des influenceurs et de leurs
agences, et vise à définir les produits et les services pouvant être promus sur
les réseaux.
Bruno décrypte. Flanqué
des deux rapporteurs, Bruno Le Maire a annoncé vendredi en grande pompe les
mesures souhaitées par Bercy lors d’une conférence de presse au ministère.
L’occasion pour lui de vanter, sans sous-entendu aucun, le travail
transpartisan mené ces derniers mois entre son ministère et deux députés venus
de bords politiques différents. Il y voit un “signe de maturité démocratique”.
Dans la foulée, BLM a assuré le SAV des annonces à coups de vidéos au format
vertical sur Brut ou Konbini.
De l’eau dans son Evin. La proposition de loi fait toutefois
l’objet de frictions sur le fond entre les députés et Bercy. Le gouvernement
veut adoucir des mesures d’encadrement initialement prévues par le texte
d’origine. Exemple : le ministère veut que les règles en vigueur dans les
médias traditionnels en matière de publicité liées au tabac, à l’alcool ou aux
actes de santé soient les mêmes pour les influenceurs, tandis qu’Arthur
Delaporte voudrait aller plus loin dans les interdictions.
Vils brequins. Sur les autres bancs, des députés écologistes
demandent carrément l’interdiction de promotion de tout produit ou service
allant à l’encontre des objectifs de l’Accord de Paris, ce qui comprend les
voyages, les voitures et la fast fashion. Les élus LIOT veulent eux interdire “strictement”
la publicité par des influenceurs de produits “trop gras, trop sucrés, trop
salés, sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne”.
LETTRE À BERGÉ.
Mercredi dernier, les présidents des groupes MoDem et Horizons, Jean-Paul
Mattei et Laurent Marcangeli, ont adressé une missive à leur homologue de
Renaissance, Aurore Bergé, a appris votre infolettre. Un courrier ronchon,
envoyé quelques heures à peine après l’appel d’Emmanuel Macron, au jité de 13
heures, à plus “d’apaisement et de co-construction de l’agenda parlementaire”
au sein de la majorité présidentielle. Les deux compères reprochent — de
nouveau — à Bergé de faire cavalier seul et de “prendre des décisions à
l’emporte-pièce”, rapportait hier à Playbook un élu MoDem.
L’objet du
courroux : l’annonce par la patronne du groupe Renaissance, quelques jours plus
tôt sur France Inter, du dépôt d’une proposition de loi (PPL) sur le sujet ô
combien stratégique du “partage de la valeur”, découverte en direct par le
MoDem et Horizons. Inutile de préciser que les deux alliés n’ont que
moyennement apprécié la méthode…
Ce n’est
pas tout. Un autre point de crispation a vu le jour sur une PPL signée EELV,
proposant l’interdiction de la publicité lumineuse. Elle sera présentée dans la niche du groupe écolo
le 6 avril prochain. Renaissance voudrait “la shooter” — en bon franglais — au
grand dam du MoDem et d’Horizons, tous deux disposés à l’amender et l’enrichir.
“On parle de nouvelle méthode… Ça serait bien que chacun y mette un peu du
sien”, grognait-on hier côté bayrouiste.
Fermez le ban.
Pas de quoi rouvrir un front pour Renaissance. “On est tous les trois dans une
position d’équilibre, on compose et on est d’accord 95% du temps”, nous
écrivait Aurore Bergé via Telegram hier soir, renvoyant cet événement à “la vie
des groupes”. “Comme dans toutes les familles, on peut parfois s’engueuler mais
avoir envie de continuer ensemble”, insistait-elle encore.
VIE DES PARTIS
RÊVE DE REVANCHE.
Si, si, c’est promis, les lieutenants d’Eric Zemmour ne pensent pas qu’aux
européennes (et à leur scrutin à la proportionnelle)… Pour preuve : Reconquête
organise “une convention électorale”, le 15 avril prochain, dans un hôtel
parisien du 15e arrondissement, a appris notre collègue Antoine Comte.
Deux objectifs
sont affichés pour cette journée, censée rassembler environ 400 cadres et élus
locaux zemmouristes. Petit un : être prêts à repartir en campagne en cas de
dissolution. Petit deux : préparer dans le même temps les élections municipales
de 2026.
Le retour de
Maréchal. Selon Nicolas Bay, vice-président du parti, “plus de 80%” des 550
candidats de Reconquête en 2022 — dont pas un n’a été élu — seraient reconduits
dans le cas de législatives anticipées. Parmi les 20% de petits nouveaux à
prévoir, comme elle l’a confirmé à Antoine : Marion Maréchal.
À la carte.
Concernant les élections municipales, l’ex-LR Guillaume Peltier présentera une
cartographie des villes “gagnables”, selon lui. Versailles, les 16e et 17e
arrondissements de Paris, Nice et Cannes sont dans la short list.
“Contrairement au RN et maintenant aux LR, nous sommes bons dans les grandes
villes”, se réjouissait hier un cadre zemmouriste, espérant l’élection d’un
maximum de conseillers municipaux et métropolitains.
PLAYBOOK EXPRESS
DOCTEUR QUI ? Les
anglophiles parmi vous, toujours prêts à grignoter un scone devant une série de
la BBC, vont peut-être devoir se mettre au polar suédois. Voilà la conclusion
possible — bien que quelque peu dramatisée — d’un projet de proposition de la
Commission européenne révélé par notre collègue Mathieu Pollet.
Télé Brexit.
L’exécutif bruxellois pourrait ainsi enlever le Royaume-Uni de la liste des
pays produisant du contenu “européen”. Or, les diffuseurs et plateforme de
streaming doivent remplir un quota de contenu européen, et s’appuient en partie
sur un catalogue britannique bien étoffé — 28% de leurs investissements, contre
21% pour le contenu allemand et 15% pour les productions françaises. Netflix,
Disney+ et consorts devront peut-être se reporter vers d’autres créations
continentales…
AUSSI À L’AGENDA
Emmanuel Macron
préside à 14 heures une réunion “économie de guerre”. Le chef de l’Etat préside
un dîner de travail sur le sommet “nouveau pacte financier”.
Elisabeth Borne
reçoit les présidents des deux chambres parlementaires, Yaël Braun-Pivet et
Gérard Larcher.
A 10 heures,
Roland Lescure et Clément Beaune participent à la conférence inaugurale du
salon de l’innovation du transport et de la logistique. Agnès Firmin Le Bodo
s’entretient avec le professeur Michel Lejoyeux, président de la Commission
nationale de psychiatrie. A 11 heures, la ministre rencontre Pierre Pribile,
secrétaire général des ministères sociaux, et à 12 heures, Manon Morel,
présidente de la fédération nationale des étudiants en sciences infirmières.
Assemblée
nationale : En séance publique à 9 heures, questions orales sans débat. A 15
heures puis 21h30, questions au gouvernement, vote en première lecture du
projet de loi Jeux olympiques puis discussion de plusieurs PPL dont celle sur
la lutte contre les arnaques et les dérives des influenceurs sur les réseaux
sociaux. La commission d’enquête relative aux ingérences étrangères auditionne
à 16 heures Thierry Mariani, député européen. A 17h30, la commission des
affaires européennes auditionne Bruno Le Maire. La commission développement
durable examine à 17h30 la proposition de loi relative à l’interdiction de
toute forme de publicité numérique et lumineuse dans l’espace public et à
21h30, la proposition de loi visant à interdire les vols en jets privés.
Sénat : La
commission d’enquête pénurie de médicaments auditionne à 13h30 des
représentants des laboratoires et entreprises pharmaceutiques.
FNSEA : Ouverture
du 77e Congrès à Angers.

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