Lecornu
Social Club
By Sarah
Paillou
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September
24, 2025 7:00 am CET
https://www.politico.eu/newsletter/playbook-paris/lecornu-social-club/
Playbook
Paris
By SARAH
PAILLOU
with
ELISA BERTHOLOMEY and ANTHONY LATTIER
PAILLETTES
ET COUPETTES. Ni la pluie, ni une interview puis un discours d’Emmanuel Macron
devant l’assemblée générale de l’ONU (on y vient plus bas) n’auront empêché nos
plus de 300 invités prestigieux de s’agglutiner hier à la soirée de rentrée
POLITICO. Votre serviteure, le pas devenu chaloupé, non du fait des flûtes de
champagne mais à cause du roulis de notre péniche d’accueil, professionnalisme
oblige, a multiplié les coups d’épaules et sourires-de-toutes-ses-dents pour
tenter de glaner ce que Sébastien Lecornu pourrait bien raconter aux
partenaires sociaux en ce mercredi 24 septembre 2025… en vain (ou presque, on
vous raconte juste en dessous).
Ils et
elles sont venus (entre autres) : l’ex-Premier ministre et potentiellement
futur député Michel Barnier ; l’ancien commissaire européen Thierry Breton ;
les parlementaires Arthur Delaporte, Céline Hervieu, Xavier Iacovelli, Hervé
Marseille, Alexandre Portier, Aurélien Saintoul, Prisca Thévenot, Pierre
Cazeneuve, tentant de camoufler son verre de bulles alcoolisées à son père
Jean-René, lui aussi député ; les influenceurs Sam Zirah et Léa Passion ;
l’ancien ministre Olivier Dussopt ; les hauts-commissaires Clément Beaune et
Sarah El Haïry ; François Durvye, conseiller économique officieux de Marine Le
Pen et directeur du fonds Otium du milliardaire Pierre-Edouard Stérin, dont le
bras droit Arnaud Rérolle a aussi passé une tête ; un dircab de Bercy, scotché
en bout de bar à ses téléphone et ordinateur, probablement en train de
construire le prochain budget…
La
marrade de la soirée : un conseiller élyséen qui échange avec un député
socialiste. Puis nous glisse à l’oreille en se gaussant : “Ça y est, on a réglé
le problème de la censure.” Réplique de l’élu, sondé par votre infolettre
agrippée à son devoir de vérification de l’information : “Elle aura lieu dans
deux semaines.” Un autre familier du palais présidentiel nous jurait connaître
la date de la prochaine dissolution, prévue selon sa boutade “dans trois
semaines”. De bon augure pour le Premier ministre, donc, dont on vous parle de
ce pas. Bonjour à toutes et tous.
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CONSULTATIONS
À MATIGNON
ÇA TOURNE
EN DEUXIÈME ROUND. Un député du socle commun grimaçait hier soir en bord de
Seine, alors que nous l’interrogions sur les rencontres de Sébastien Lecornu,
aujourd’hui, avec les organisations patronales et syndicales. “Il va être
embêté”, jugeait notre interlocuteur.
Les
hypothèses. Cuisiné entre deux petits fours (sans mauvais de jeu de mots, ce
n’est pas notre genre), le conseiller d’un chef de parti du socle commun (ils
ont tous été reçus hier à Matignon) pariait sur des annonces sur la pénibilité
au travail, sujet cher à la CFDT, pour amadouer le premier syndicat de France.
Sur notre péniche, un interlocuteur récent du PM évoquait, lui, l’abandon de la
réforme de l’assurance chômage, relancée par François Bayrou et dont
l’intersyndicale ne veut pas entendre parler.
Patron,
une pression. Comme de par hasard, Patrick Martin, le président du Medef, a
annoncé hier son intention d’organiser “dans quelques jours” un “énorme
meeting” du patronat face à “certaines théories dangereuses pour nos
entreprises”. Les syndicats, eux qui ont défilé tous-ensemble-tous-ensemble
jeudi dernier, avaient donné jusqu’à aujourd’hui au PM pour “répondre à [leurs]
revendications”, sans quoi ils se réuniraient pour organiser une nouvelle
journée de grève et manifestations.
Le pari.
Analyse d’un fin connaisseur des arcanes du pouvoir, croisé une coupette à la
main : le chef du gouvernement “a tout intérêt à attendre de voir ce que les
syndicats vont dire et veulent, parce que le Parti socialiste ne pourra pas
s’en distinguer”, croyait-il. En d’autres termes : satisfaire les organisations
représentatives des salariés serait un premier pas vers une non-censure du PS.
L’avertissement.
Le même se voulait toutefois prudent, bien en peine de dénicher “celui qui peut
décrypter Lecornu ces temps-ci.”
SABRER
LES CAMPAGNES. Pendant que ces spéculations prospèrent, le Premier ministre a
dégainé hier une nouvelle mesurette : la suspension “jusqu’à la fin de l’année
[des] nouvelles dépenses de communication des ministères, opérateurs et agences
de l’Etat”, que mes collègues de Paris Influence expertisent par ici pour nos
abonnés PRO.
Renforts.
Vous trouverez aussi dans notre newsletter spécialisée les noms des auteurs de
sa future déclaration de politique générale — envisagée pour le 6 octobre, nous
ont glissé deux sources parlementaires. Louis Marty, son conseiller discours et
mémoire au ministère des Armées, et son ex-plume Gautier Gadriot, actuellement
chez Publicis, doivent en effet rejoindre sous peu Matignon.
EN
CHAMBRES
LOIN DU
CŒUR. Eric Bothorel a officialisé sa démarche hier matin : le député Ensemble
pour la République n’est désormais plus qu’apparenté à son groupe
parlementaire, a appris Playbook dans l’après-midi. Habitué à manifester des
avis contraires à ceux de son groupe (encore cet été, sur la proposition de loi
Duplomb), l’élu des Côtes-d’Armor ne digère pas les “orientations nouvelles du
parti qui semblent tourner le dos à une partie de notre passé”, nous a-t-il
expliqué.
Les
comptes sont pas bons. Evidemment, il ne s’agit pas d’une affaire de personne,
assurait encore l’ancien socialiste. Mais les plus filous d’entre vous
penseront forcément au discours de rupture assumée de Gabriel Attal, dimanche,
pour la rentrée de Renaissance. Le secrétaire général du parti, qui est aussi
le président du groupe EPR, comptabilise désormais 13 députés apparentés (pas
tous pour les mêmes raisons), sur 91 au total. Depuis 2024, neuf élus ont
choisi de carrément quitter EPR.
BOUCLIER.
Patrick Kanner l’a surnommée “la PPL antidote RN”. Traduisons sur le champ : le
président du groupe PS au Sénat discutait avec nous, en début de semaine, de la
proposition de loi déposée par son collègue Eric Kerrouche. Les socialistes la
défendront dans l’hémicycle le 23 octobre, a appris Playbook. Ce texte vise à
“protéger la Constitution” des modifications que le Rassemblement national
entend lui imposer, s’il accédait au pouvoir.
L’idée :
rendre impossible la révision de notre texte fondamental via un référendum sans
validation préalable par les deux chambres, en ayant recours à l’article 11 de
la Constitution — un procédé controversé, mais utilisé à deux reprises par le
général de Gaulle himself.
Qu’on
vous explique. Passer par un référendum en évitant le Parlement est précisément
ce que prévoit le programme présidentiel de Marine Le Pen, pour “intégrer des
dispositions portant sur le statut des étrangers et la nationalité” à la
Constitution (comme la fin du droit du sol, par exemple). La présidente du
groupe RN à l’Assemblée nationale a traduit ce projet en proposition de loi,
déposée en janvier 2024.
Danger.
Ceci reviendrait à transformer la Ve République en rien de moins qu’un “régime
illibéral d’un type nouveau, fondé sur la xénophobie d’Etat, le nationalisme
identitaire”, tente d’alerter, depuis des mois, Pierre-Yves Bocquet, directeur
adjoint de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (ici, là, ou encore par
ici). L’énarque, passé par le cabinet élyséen de François Hollande, a travaillé
avec Eric Kerrouche sur sa PPL.
Work in
progress. Les socialistes devront encore convaincre une majorité de sénateurs
de voter cette PPL. François Patriat, qui préside le groupe macroniste, est
conquis, a-t-il glissé hier dans le bigophone de Playbook, témoignant de
“l’assentiment de principe” de ses troupes, qui entendent toutefois se plonger
dans le détail du texte. Mais “l’inconnue, c’est la position des Républicains”,
les élus les plus nombreux à la Chambre haute, reconnaissait Eric Kerrouche.
DIPLOFOCUS
PALESTINE,
LA SUITE. C’était prévisible. Le président américain n’a pas mâché ses mots,
lors de son discours à la tribune de l’ONU hier, pour critiquer ceux qui ont
reconnu l’Etat palestinien, les accusant d’offrir “une récompense” au Hamas.
“Totalement faux”, lui a répondu le président français sur BFMTV, assurant que
son acte de reconnaissance était “le seul moyen d’isoler” l’organisation
terroriste.
En se
rasant. Le président français a même titillé son homologue américain en
affirmant que si Donald Trump voulait le prix Nobel de la paix, comme il l’a
laissé entendre dans son discours mardi, il allait devoir faire plus pour
arrêter le conflit. Et surtout peser sur le gouvernement Netanyahou pour qu’il
arrête les opérations militaires à Gaza.
Tout est
oublié. Mais les tensions se sont évanouies lors de leur rencontre bilatérale
un peu plus tard dans la journée. Devant un groupe de journalistes, Donald
Trump (qui visiblement ne suit la politique française que d’assez loin) a lancé
à Emmanuel Macron quelques amabilités sur la France “qui va bien”. Ma collègue
Clea Caulcutt vous raconte ces échanges ici (gratuit, en anglais).
Lueur
d’espoir sur l’Ukraine. Si les désaccords semblent s’accumuler sur Gaza, les
Européens ont découvert avec beaucoup de satisfaction un post de Trump dans
lequel il affirme que Kiev pourrait reconquérir les territoires occupés par la
Russie, qui n’est qu’un “tigre de papier” affaibli économiquement. Lire ici
(toujours en anglais) l’analyse de mon camarade Nick Vinocur sur la possible
volte-face de Trump.
CE
MESSAGE S’EFFACERA. Ursula von der Leyen n’aime pas garder ses textos, même
ceux qu’elle reçoit d’Emmanuel Macron, m’a signalé mon collègue Giorgio Leali.
En janvier 2024, en pleine gronde des agriculteurs, POLITICO avait révélé que
le chef de l’Etat avait envoyé à la présidente de la Commission un SMS lui
demandant de geler les négociations de l’accord avec les pays du Mercosur (qui
a fini par être signé douze mois plus tard). Un confrère de Follow the money a
réclamé à l’équipe d’UVDL ledit message… mais il s’est vu répondre qu’il avait
été effacé automatiquement. Le médiateur européen a annoncé hier avoir ouvert
une enquête sur cette disparition. Si celle-ci vous inquiète aussi, foncez sur
l’article de mes collègues (gratuit, en anglais).

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