Playbook Paris: RIP le RIP ? — Macron repasse le
bac — Coup de sang en intergroupe
BY ELISA
BERTHOLOMEY AND ANTHONY LATTIER
MAY 3, 2023
7:02 AM CET
POLITICO
Playbook Paris
Par ELISA
BERTHOLOMEY
Avec
ANTHONY LATTIER
Bonjour à toutes
et à tous, très bon réveil, nous sommes mercredi 3 mai 2023. “Tout n’est pas
politique, mais la politique s’intéresse à tout”, écrivait déjà Machiavel il y
a plus de cinq siècles. C’est probablement ce que devait se dire Laurent
Wauquiez ce week-end lorsqu’il a chaussé une paire de rollers pour inaugurer le
nouveau skate parc du Puy-en-Velay, et s’est retrouvé sur une pente pour le
moins… glissante.
Laurent vautré.
Les mauvais esprits parmi vous y liront sans doute un triste présage pour le
président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et ses ambitions. D’autant que sa
famille politique qui se réunit aujourd’hui en séminaire-thérapie de groupe
n’a, aux yeux de certains, pas pris la bonne rampe de lancement pour 2027.
Pas l’genre de la
maison. Mais c’est une pente humoristique franchement trop facile sur laquelle
vos serviteurs ne s’aventureront évidemment pas. Playbook s’autorisera
seulement ce pronostic, que nous vous offrons en exclusivité : en 2027, tout
ira comme sur des roulettes.
C’EST AUJOURD’HUI
RIP LE RIP ?
Après que la première demande a été retoquée, le Conseil constitutionnel rend
son avis aujourd’hui sur la nouvelle proposition de référendum d’initiative
partagée (RIP) sur le système des retraites déposée par 252 députés et
sénateurs de gauche. Les élus de la Nupes, qui ont beaucoup misé sur cette
action pour contester la réforme du gouvernement Borne, croisent les doigts…
sans être trop optimistes.
Condensé de
l’ambiance générale : “Disons qu’on ne compte plus trop sur le Conseil
constitutionnel”, soupirait hier à Playbook une cadre du groupe LFI. “Les voies
du Conseil sont impénétrables”, nous disait pour sa part un député socialiste,
en prenant soin de préciser, le coquin, que “non, ce n’est pas un extrait du
dernier roman de Le Maire”.
À deux, c’est
mieux. Souvenez-vous : anticipant un rejet du premier RIP par le Conseil, les
élus de gauche avaient déposé à la hâte une seconde proposition de loi référendaire
le 13 avril. Si cette nouvelle mouture vise elle aussi à empêcher le report de
l’âge légal de départ au-delà de 62 ans, elle intègre un second article qui
fournit des moyens pour financer la pérennité du régime des retraites en
relevant notamment le taux de CSG sur certains revenus.
Cela
changera-t-il quelque chose ? Des constitutionnalistes interrogés çà et là se
gardent bien d’être définitifs, mais émettent des doutes. Les Sages pourraient
à nouveau considérer que la proposition de loi référendaire ne porte pas une
véritable réforme “relative à la politique sociale”, comme elle le devrait au
regard de l’article 11 de la Constitution. Pour relire la décision du 14 avril,
c’est ici.
JUIN, C’EST LOIN.
Sans attendre la décision du Conseil, la Nupes cherche le moyen de poursuivre
la contestation maintenant que la loi est promulguée, et que la manifestation
du 1er mai est passée. Pour parler de ce sujet, les élus des quatre groupes de
l’alliance de la gauche ont rendez-vous à 11 h 30 à l’Assemblée pour un nouveau
séminaire de travail (qui fait suite à leur grande réunion “on se dit les
choses” du 4 avril).
Deux rendez-vous
sont déjà cochés, nous précisait un député Insoumis avec qui nous échangions
hier : “notre combat tournera autour du 6 juin [nouvelle manifestation à
l’appel de l’intersyndicale] et de l’examen de la proposition de loi Liot sur
l’abrogation de la réforme, le 8 juin”. “Mais pas que !”, ajoutait le même,
conscient que ces deux échéances sont lointaines et que la gauche devrait trouver
d’ici là d’autres modes d’action pour ne pas relâcher la pression sur le
gouvernement.
Panot’ dernier
mot. La cheffe de file des députés Insoumis Mathilde Panot a promis hier des
“initiatives parlementaires”, indiquant notamment que le dépôt d’une motion de
censure contre le gouvernement était “toujours à l’ordre du jour”. “Il faut
continuer à porter le sujet retraites au Parlement […], ne pas les lâcher”,
nous écrivait un député socialiste hier, ajoutant qu’il était nécessaire pour
cela de “rester groupés”, en référence aux divergences tactiques entre les
alliés de la Nupes lors l’examen de la réforme.
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LE COIN
RÉFORMES
MACRON
REPASSE LE BAC. Même si l’invitation envoyée par l’Elysée à la presse hier soir
ne mentionne que “la Charente-Maritime”, c’est bien au lycée Bernard-Palissy de
Saintes — comme Playbook vous l’écrivait hier — qu’Emmanuel Macron va dévoiler
jeudi la réforme du lycée professionnel à laquelle il tient tant. Le chef de
l’Etat prévoit de faire plusieurs annonces sur la lutte contre le décrochage
scolaire, la reconnaissance du travail du corps enseignant, le rapprochement
entre les établissements et les entreprises ou l’insertion des lycéens.
L’une des
mesures les plus attendues concerne les stages obligatoires pendant les cursus.
Leur durée sera progressivement allongée et, dès la rentrée 2023, ils seront
rémunérés, a appris votre infolettre hier. L’Etat prendra en charge cette
indemnité dont le montant est jalousement gardé secret jusqu’à la prise de
parole du président.
Filières en
danger. La réforme prévoit également un plan d’action pour les filières.
Certaines d’entre elles, jugées “peu insérantes”, seront incitées à revoir
leurs programmes, à offrir plus de stages ou pourraient même être fermées.
Selon les chiffres fournis par un bon connaisseur du dossier à Playbook hier,
25% des filières ont des niveaux estimés “préoccupants”. On espère, par
exemple, que les élèves perruquiers-posticheurs n’ont pas à se faire des
cheveux blancs, et que les chausseurs retomberont quoi qu’il arrive sur leurs
pieds.
RÉFORME DES
INSTITUTIONS. Yaël Braun-Pivet va lancer un groupe de travail transpartisan
d’ici quelques jours, a ouï dire Playbook hier. Composée des présidents de
groupe, la petite bande se donnera plusieurs semaines pour réfléchir sur
diverses thématiques ayant trait de près ou de loin aux institutions.
Rien que ça. Les
députés auront ainsi à se pencher sur la proportionnelle, le cumul des mandats,
la baisse du nombre de parlementaires ou les parrainages. Yaël Braun-Pivet
souhaiterait également réfléchir à l’articulation des dates de l’élection
présidentielle et des élections législatives ou à la question du septennat. Les
sujets de collectivités, de décentralisation ou des équilibres institutionnels
doivent aussi être abordés.
Plaisir d’offrir.
C’est Emmanuel Macron qui a demandé aux trois chambres — Assemblée, Sénat, CESE
— de réfléchir à des propositions pour “que le fonctionnement de nos
institutions gagne en efficacité et en participation citoyenne” lors de son
allocution du 17 avril dernier, renvoyant ainsi la balle aux parlementaires. L’Assemblée et le Sénat doivent
faire un point sur les sujets de convergence au début de l’été.
Point
constit’. Charge donc aux députés et sénateurs de trouver des positions communes
avant qu’un texte soit présenté. Si elle touche à la Constitution, une réforme
de ce type doit recueillir une majorité de trois cinquièmes de l’ensemble des
parlementaires réunis en Congrès. Un objectif rendu encore plus compliqué par la majorité relative à
l’Assemblée.
EN CHAMBRES
BORNE UNE
MILLIENNE FOIS TANCÉE. C’était
la rentrée à l’Assemblée hier, pour les députés, mais aussi pour Elisabeth
Borne, qui a assisté à l’intergroupe réunissant les trois composantes de la
majorité (Renaissance, Modem et Horizons). La Première ministre venait — encore
— de détailler la feuille de route des prochaines semaines et répondait aux
questions sur la méthode de travail quand elle a été interpellée par l’élu
Modem Bruno Millienne.
Coup de sang. “Il
faut redonner la main au Parlement, qu’on se parle avant, entre nous”, a
attaqué le député, critiquant, au passage, la mise dans le débat de
propositions de loi “où tout le monde n’était pas d’accord” (Playbook avait eu
l’occasion de vous raconter quelques épisodes ici et là).
La tactique de
l’essuie-glace. Décidément offensif, Millienne a invité le gouvernement à ne
plus “jouer en défense” et à davantage mouiller les oppositions “qui se
défaussent en ne votant rien et en critiquant tout le monde”. “Il faut
travailler avec des députés de gauche et de droite en même temps, sur les mêmes
textes”, a-t-il imploré. Selon deux participants, la Première ministre, adepte
jusque là de la négociation un coup avec la droite, un autre avec la gauche,
aurait reçu ce petit discours “avec le sourire”. Et encore bonne rentrée.
MARIANNE SOUS
ENQUÊTE. Comme vous le révélait Paris Influence dès hier sous la plume de notre
collègue Antoine Comte, la droite sénatoriale — manifestement peu d’humeur à
faciliter la vie du gouvernement — va bien soutenir la création d’une commission
d’enquête parlementaire sur l’utilisation de certaines subventions accordées
par le fonds Marianne. L’initiative proposée par le président PS de la
commission des Finances, Claude Raynal, va être formellement validée en
conférence des présidents le 9 mai au Sénat. Bonus offert par Paris Influence :
c’est le sénateur LR Jean-François Husson qui doit en être désigné rapporteur à
l’issue d’une réunion de la commission des Finances prévue aujourd’hui à 9 h
30.
AUSSI À L’AGENDA
Emmanuel Macron
préside le Conseil des ministres à 10 heures. Il reçoit Níkos Christodoulídis,
Président de la République de Chypre, pour un déjeuner de travail.
Elisabeth Borne
s’entretient avec Franck Riester à 9 heures.
Bruno Le Maire
rencontre à 16h30 le groupe Socialistes et apparentés de l’Assemblée nationale,
à 17h30 le groupe RDSE du Sénat et à 18h30 le groupe Les Indépendants du Sénat
pour des consultations sur le projet de loi “Industrie verte”. François Braun
réunit à 10 heures une nouvelle réunion plénière du Conseil national de la
Refondation Santé. Olivier Klein intervient à 16h30 à l’assemblée plénière du
Conseil national de l’habitat.
Assemblée
nationale : En séance publique à 15 heures, débat sur le sujet : “La répression
du mouvement social contre la réforme des retraites” et questions sur le thème
: “Quelle attractivité et quelle compétitivité pour la recherche française ?”.
A 21 h 30, discussion sur le thème : “Superprofits réalisés par les
concessionnaires d’autoroutes : état des lieux et perspectives”.
La commission
développement durable assiste à 16h45 à la présentation du “Plan eau” par
Christophe Béchu et Marc Fesneau. La commission des Affaires étrangères examine
à 9 heures et 15 heures des articles du projet de loi de programmation
militaire pour les années 2024 à 2030. La commission Défense auditionne toute
la journée des industriels du secteur. La commission des Lois examine à 9
heures la proposition de loi visant à rendre obligatoire le pavoisement des
drapeaux français et européen sur le fronton des mairies.
Sénat : En séance
publique à 15 heures, questions au gouvernement. A 16h30, proposition de loi
visant à renforcer l’accessibilité et l’inclusion bancaires, proposition de loi
visant à résorber la précarité énergétique. A 21h30, débat sur le programme de
stabilité et l’orientation des finances publiques.
La commission des
Affaires étrangères auditionne à 9 heures Sébastien Lecornu sur le LPM. La
mission d’information sur la fin de vie auditionne à 9 heures Dr Emmanuel de
Larivière, représentant de la société française d’accompagnement palliatif, Pr
Jacques-Olivier Bay, représentant de la société française du cancer, Dr Sophie
Moulias, représentant de la société française de gériatrie et de gérontologie
et Pr Jérôme Honnorat, président de la société française de neurologie. La
commission des Finances auditionne à 9h30 Jean-François Husson, rapporteur
général, sur le programme de stabilité et l’orientation des finances publiques.
LR : Séminaire du
groupe LR. Déplacement d‘Eric Ciotti au Maroc avec une délégation des
Républicains.
Luc Ferry, invité
du “petit-déjeuner de l’écologie” réunissant régulièrement députés et sénateurs
afin d’harmoniser le travail entre les groupes parlementaires, à l’initiative
d’Olivier Marleix et Eric Ciotti.
Toulon : élection
d’un nouveau maire, suite à la peine d’inéligibilité prononcée contre l’ancien
maire Hubert Falco.

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