segunda-feira, 22 de fevereiro de 2021

La «polémique» / «Islamo-gauchisme» à l’université

 


Politique

«Islamo-gauchisme» à l’université : la ministre Frédérique Vidal regrette... la «polémique», pas ses propos

 

Sous le feu des critiques après avoir demandé une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal affirme ce lundi sur RTL « regretter » la polémique autour de cette enquête et donner priorité à « la question des étudiants ».

La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal tente de faire oublier la polémique autour de "l'islamo-gauchisme" à l'université.

 

Par Le Parisien avec AFP

Le 22 février 2021 à 10h07

https://www.leparisien.fr/politique/islamo-gauchisme-a-luniversite-la-ministre-frederique-vidal-regrette-la-polemique-pas-ses-propos-22-02-2021-B5AR3PMOSJBCTMEKHYKMU4CJOY.php

 

Frédérique Vidal tente une nouvelle fois d’éteindre le feu des critiques sous lequel elle se trouve. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche réaffirme « regretter », ce lundi sur RTL, que sa demande d’une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à université se soit transformée en « polémique ». Sa priorité « est la question des étudiants », assure-t-elle, après avoir demandé au CNRS une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à université.

 

Samedi, plus de 600 universitaires (enseignants, chercheurs…) ont réclamé sa démission dans une tribune publiée dans les colonnes du journal « Le Monde ». Après une semaine mouvementée, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a affiché dimanche sa volonté de clore la polémique.

 

De son côté, Frédérique Vidal réaffirme vouloir « un état des lieux sur ce sujet. « Il n’y a pas lieu d’en faire une polémique », estime-t-elle au micro de la matinale de RTL. « Je suis universitaire, je défendrai toujours la liberté de la recherche […] et en ce moment toujours les étudiants car ce sont eux qui subissent le plus cette crise », assure-t-elle.

 

Pour elle, cette enquête n’a rien d’inouï et des enquêtes sont réclamées au nombre de « dizaines par an ». « Je demande […] un état des lieux de la recherche sur ces différentes radicalités dans les universités », réaffirme la ministre, qui déplore une « polémique pour 12 secondes sur 22 minutes d’interview dans lesquelles (elle) parle pendant plus de 10 minutes des étudiants et 10 minutes de la recherche ».

 

1 200 étudiants ont bénéficié du « chèque psy »

Semblant pressée de balayer cette polémique, la ministre insiste : « aujourd’hui, ce qui me préoccupe, c’est la question des étudiants […]. Comment on fait pour que les étudiants puissent sortir de cette crise en n’étant pas désespérés ».

 

Le « chèque psy » promis aux jeunes par le gouvernement a concerné la première semaine de février 1 200 étudiants, puis 2 000 étudiants par semaine, a-t-elle indiqué. Ces jeunes sont « pris en charge » dans un parcours de soins par des psychologues de ville.

 

Par ailleurs, plus de 75 % des universités ont pour le moment modifié leurs emplois du temps pour permettre aux étudiants de revenir en cours en présentiel une journée par semaine. Quelque 90 % des étudiants sont concernés par ces nouveaux emplois du temps. Parmi eux, 60 % reviennent, 40 % préfèrent rester en présentiel, a dit la ministre.

 

Politique

«Islamo-gauchisme» à la fac : l’exécutif soutient Vidal tout en calmant le jeu

 

Une semaine après avoir dénoncé «l’islamo-gauchisme» qui selon elle gangrenait les universités, la ministre de l’Enseignement supérieur a été soutenue par plusieurs ministres ce dimanche.

 

Par Le Parisien avec AFP

Le 21 février 2021 à 09h55, modifié le 21 février 2021 à 17h29

https://www.leparisien.fr/politique/islamo-gauchisme-a-luniversite-vidal-dit-vouloir-proteger-le-pluralisme-des-idees-21-02-2021-U7MHZBZPERGYNNKCVVTHW5FFRM.php?xtor=EREC-109&utm_medium=email&utm_source=internal&utm_campaign=newsletter_politique

 

Elle se dit au cœur d’un « procès d’intention » mais semble déterminée à vouloir « déconstruire l’idée qu’il y aurait une pensée unique sur certains sujets et […] protéger le pluralisme des idées à l’université ». Une semaine après avoir créé la polémique en dénonçant « l’islamo-gauchisme » qui, selon elle, « gangrène la société dans son ensemble et l’université n’est pas imperméable », la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, s’explique. Elle était restée en retrait depuis ses propos sur le plateau de CNews.

 

Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, elle dit souhaiter « qu’on relève le débat ». Une réponse aux vives réactions dans le monde académique, au point que 600 universitaires (enseignants, chercheurs…) ont réclamé samedi sa démission, dans une tribune publiée par le journal Le Monde, en lui reprochant de « faire planer la menace d’une répression intellectuelle ».

 

« Nous avons besoin d’un état des lieux sur ce qui se fait en recherche en France sur ces sujets », a indiqué Frédérique Vidal, assurant vouloir une enquête « au sens sociologique du terme ». Une étude à laquelle le CNRS avait accepté, mardi, de participer tout en « regrettant cependant une polémique emblématique d’une instrumentalisation de la science et un slogan politique [qui] ne correspondait à aucune réalité scientifique ». Et la ministre de répondre au JDD : « Je veux une approche rationnelle et scientifique du sujet. Il faut quantifier les choses, sortir du ressenti et du présupposé », avance-t-elle.

 

« Pas le sujet prioritaire »

Quoi qu’il en soit, sur les réseaux sociaux comme dans les sphères politiques, les réactions vont dans le même sens. « Je n’ai pas bien compris l’utilité de faire cette sortie. Elle est très critiquée ces temps-ci. Elle ferait mieux de s’occuper des difficultés des facs avec le Covid », suggère un député. L’eurodéputé EELV Yannick Jadot a même demandé sa démission. « Elle doit partir. La ministre qui porte la disqualification de la recherche et de l’enseignement supérieur dans notre pays ne peut rester en poste », a-t-il estimé sur France 3 ce dimanche.

 

La ministre a par ailleurs été recadrée par le chef de l’Etat, via le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal : « La priorité pour le gouvernement, c’est évidemment la situation des étudiants dans la crise sanitaire, c’est évidemment la possibilité d’apporter un soutien financier aux étudiants en difficulté, c’est évidemment de permettre aux étudiants qui le souhaitent de pouvoir revenir progressivement en présentiel à l’université », a-t-il rappelé. Invité du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro ce dimanche, Gabriel Attal a souhaité que « l’on puisse passer à autre chose ».

 

Soutien de Blanquer et Darmanin

Dans son entretien dominical au JDD, la ministre de l’Enseignement supérieur fait, à demi-mot, son mea culpa en justifiant sa pensée. « Je suis universitaire. J’ai toujours défendu la liberté académique et les chercheurs, assure-t-elle. Si les universitaires qui ne me connaissent pas ont pu se sentir froissés, ce n’était pas mon intention. Chacun doit pouvoir s’exprimer, c’est aussi dans le désaccord qu’on avance. » Elle a reconnu que « ce sujet suscite beaucoup de réactions, mais ce n’est pas notre priorité aujourd’hui […] La priorité, c’est la situation des étudiants et la pandémie ».

 

Face aux appels à sa démission, elle a reçu, ce samedi, le soutien du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Selon lui, l’« islamo-gauchisme » est un « fait social indubitable » qu’il faut « regarder en face », a-t-il assuré sur BFMTV. Gérald Darmanin lui a aussi apporté son soutien, la jugeant très courageuse, tout en précisant que « ceux qui font jonction » entre les « gauchistes » et les « islamistes » étaient « minoritaires ».

 

La ministre a aussi pu trouver du soutien du côté… de la droite. Le vice-président délégué des Républicains Guillaume Peltier a dénoncé, sur France Inter/franceinfo/Le Monde ce dimanche, une « collusion entre une partie de la gauche et l’islamisme ». « Nous devons cesser d’être dans le déni », a quant à lui assuré le président LR du Sénat Gérard Larcher.

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