Jordan
Bardella reconnaît que Jean-Marie Le Pen s'est "évidemment enfermé dans un
antisémitisme"
Publié le
10/11/2023 à 08h53
BFM Baptiste Farge
Jordan
Bardella fait polémique depuis qu'il a considéré dimanche sur BFMTV que
Jean-Marie Le Pen n'était pas antisémite. Le président du RN reconnaît une
"maladresse" ce jeudi, refusant néanmoins de qualifier le
co-fondateur du FN d'antisémite.
Face à la
polémique, Jordan
Bardella plaide finalement une forme de "maladresse", tout en
fustigeant aussi bien ses "opposants politiques" que "les
journalistes", coupables à ses yeux d'avoir créé un "écran de
fumé".
Jean-Marie
Le Pen "s'est évidemment enfermé dans un antisémitisme", affirme le
président du Rassemblement national sur CNews ce jeudi, essayant ainsi
d'éteindre l'incendie qu'il a lui-même déclenché sur BFMTV dimanche, en disant ne
pas croire que le "Menhir", était antisémite. Cela, alors même
que le co-fondateur du FN a été condamné à plusieurs reprises pour ce motif.
"Écran
de fumé"
Si le ton
se veut affirmatif, Jordan Bardella ne renie pas vraiment ses déclarations pour
autant. Antisémite Jean-Marie Le Pen? "Ses propos l'étaient", concède
seulement le député européen, qui dit ne "jamais" avoir "échangé
avec lui sur ce sujet", pour justifier son refus de le qualifier ainsi.
Quant à
sa "maladresse", il l'impute au fait d'avoir "considéré que le
temps du retour à Jean-Marie Le Pen était derrière nous". Une
"maladresse" "utilisée par beaucoup de manière malhonnête",
accuse-t-il.
Jordan
Bardella brasse large, fustigeant tout aussi bien ses "opposants
politiques" que les "journalistes", qui chercheraient à
"créer un écran de fumé", selon lui. À ses yeux, il s'agirait de
"rediaboliser" le RN, qui tente pourtant l'opération inverse depuis
des années sous l'égide de Marine Le Pen.
Cela
masquerait, estime également l'élu de 28 ans, la "racine réelle de
l'antisémitisme décomplexé qui s'est abattu sur le pays depuis le 7
octobre" du Hamas contre Israël. Jordan Bardella l'impute à "l'islam
radical".
"Rupture
franche, nette et définitive"
À l'image
de la défense prônée par son collègue Jean-Philippe
Tanguy sur BFMTV-RMC ce jeudi, Jordan Bardella évoque "une rupture
franche, nette et définitive avec la personnalité politique de Jean-Marie Le
Pen" en 2015. Cette année-là, l'ex-candidat à la présidentielle a été
exclu du parti après avoir réaffirmé ses propos tristement célèbres qualifiant
les chambres à gaz de "détail de l'histoire", et également refusé de
"considére[r] le maréchal Pétain comme un traître".
Une façon
de distinguer l'actuelle leader du Rassemblement national de son père, ainsi
que du Front national co-fondé par Jean-Marie Le Pen aux côtés notamment de
l'ancien Waffen-SS Pierre Bousquet.
Pas sûr
que les justifications du patron du parti à la flamme suffisent à clore la
polémique, d'autant que celle-ci s'inscrit dans le contexte de la présence de
sa formation à la
marche contre l'antisémitisme prévue dimanche.
La venue
de Marine Le Pen et de ses troupes est sur toutes les lèvres, entre le refus de
LFI de participer au rassemblement pour cette raison et les précautions prises
aussi bien par les autres formations de gauche, ainsi que Renaissance.
Communistes,
écologistes et socialistes proposent
de mettre en place un "cordon républicain", tandis que Stéphane
Séjourné, patron du parti présidentiel, a assuré qu'il ne défilerait pas
"derrière la même banderole" que le RN.
.jpeg)
Sem comentários:
Enviar um comentário