« Discrète », « excellente professeure »… Qui était
l’enseignante tuée à Saint-Jean-de-Luz ?
L’enseignante Agnès Lassalle a été mortellement blessée à
l’arme blanche mercredi 22 février par un élève, alors qu’elle donnait un cours
d’espagnol dans un lycée privé de Saint-Jean-de-Luz. Voici ce que l’on sait de
cette professeure, partout décrite comme « dévouée », « discrète » et «
excellente ».
Ouest-France
Céleste de
Kervenoaël.
Modifié le
23/02/2023 à 08h49
Publié le
22/02/2023 à 18h27
Agnès Lassalle
était âgée d’une cinquantaine d’années. En couple et sans enfants selon Le
Figaro , l’enseignante donnait un cours d’espagnol au lycée privé Saint-Thomas
d’Aquin de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), lorsqu’elle a été
poignardée par un élève de sa classe ce mercredi 22 février 2023. La
professeure est décédée peu de temps après les faits.
Une «
personne discrète » et « excellente professeure »
Sous
couvert d’anonymat, un membre du personnel a accepté de témoigner auprès d’ Ouest-France
. La victime est décrite comme une femme souvent seule, qui donnait beaucoup à
son travail. « Elle n’avait pas de vie en dehors du lycée. Elle
dépensait toute son énergie pour ses élèves. » Réputée « bosseuse », elle était
agrégée d’espagnol, « finissait très tard le soir et commençait tôt le matin ».
Elle était passionnée de flamenco, investie dans l’organisation de voyages
pédagogiques et de projets scolaires, comme les Petits Reporters qu’elle
emmenait enquêter dans les festivals locaux.
Interrogée par Le
Figaro, une ancienne collègue de la victime se dit « sidérée ». « Je n’aurais
jamais cru qu’un cas de la sorte puisse se dérouler ici. Je l’ai connue à son arrivée, il y a
une vingtaine d’années. C’était une personne discrète et qui faisait très bien
son travail », confie cette dernière désormais retraitée.
L’établissement
ouvert jeudi
Plusieurs
élèves ont accepté de témoigner pour Sud Ouest. Un élève se souvient d’une professeur « à cheval
sur beaucoup de choses mais très sympa, à l’écoute ». « Ça se voyait qu’elle aimait vraiment son
métier. Toujours là, toujours à l’heure » , continue-t-il. « On a surtout tous
en mémoire une phrase qu’elle prononçait à chaque fois qu’elle rentrait dans la
classe. Cette phrase c’était Buenos dias a todos, sentaos (Bonjour à tous,
asseyez-vous) », rapporte un autre.
Visiblement émue,
la rectrice de l’Académie de Bordeaux a, elle, évoqué le souvenir d’une «
excellente professeure, qui mérite toute notre attention ». « J’ai eu beaucoup
de témoignages spontanés sur mon téléphone. Les inspecteurs ont fait part
qu’ils connaissaient cette professeure bien installée dans cet établissement,
rayonnant dans son travail », raconte Anne Bisagni-Faure, présente sur place.
Elle a rappelé que « l’établissement sera bien ouvert demain [jeudi] » afin
d’accueillir les élèves qui le souhaitent.
« Un jour
triste pour l’Éducation nationale »
Du côté de la
classe politique, les réactions se multiplient. « C’est un jour triste pour
l’Éducation nationale », a déclaré le ministre de l’Éducation nationale Pap
Ndiaye, qui s’est rendu sur les lieux du drame accompagné de son homologue de
la Fonction publique Stanislas Guerini. « Peine et respect à l’égard de la
victime, engagée et dévouée pour ses élèves », écrit Pap Ndiaye sur Twitter,
avant d’ajouter qu’une minute de silence sera respectée jeudi à 15 h dans les
collèges, les lycées et les centres SNU (service national universel).
.
Une enquête a été
ouverte pour « assassinat », a indiqué le procureur de Bayonne, Jérôme Bourrier,
qui s’exprimera jeudi après-midi plus en détail.
C’est la première
fois qu’un enseignant est tué dans le cadre de ses fonctions en France depuis
l’assassinat du professeur d’histoire Samuel Paty le 16 octobre 2020. Une
dizaine de professeurs ont été tués en France depuis une quarantaine d’années
dans le cadre de leurs fonctions.


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