Playbook Paris: Accord ou pas d’accord? — pots de
départ en Macronie — Poutine au tél
BY ELISA
BRAUN
May 4, 2022
7:00 am
POLITICO
Playbook Paris
Par ELISA BRAUN
Bonjour à toutes
et à tous, ici Elisa Braun, habituellement aux manettes de Paris Influence mais
heureuse de reprendre du service auprès des lecteurs de Playbook pour un jour.
ACCORD OU PAS D’ACCORD?
TIC, TAC.
Les discussions entre la France insoumise et le Parti socialiste pour trouver
un accord pour les législatives n’auront pas réussi à aboutir avant minuit,
malgré le coup de pression du négociateur Insoumis Emmanuel Bompard, qui
menaçait hier soir d’y mettre fin si elles n’aboutissaient pas ce 3 mai. Aux
environs de minuit, sa collègue Manon Aubry est pourtant venue annoncer la
mauvaise nouvelle à nos confrères sur place. “Vous pouvez rentrer chez vous, on
va discuter toute la nuit” a dit l’eurodéputée devant le petit groupe de
journalistes qui campe depuis des jours devant le QG des Insoumis, d’après
notre confrère de France Info Benjamin Matthieu. “Ça ne veut pas dire qu’il va
y avoir un accord, mais on en est proche”, a-t-elle assuré.
“On veut
l’accord. On s’en donne les moyens. La nuit est pas finie“, textotait à une
heure indue l’un des participants plein d’espoir depuis le QG, tandis qu’un
socialiste, en lien avec l’équipe sur place, commençait à “douter de [la]
sincérité” des Insoumis, au vu de “leurs exigences programmatiques et de la
qualité des circonscriptions”.
Jeux de
NUPES. Si vous étiez trop occupés à débriefer des tenues du Met gala ou à vous
inquiéter d’un grave recul du droit à l’avortement aux Etats-Unis pour suivre
les principaux points d’achoppements entre PS et LFI, nos confrères du Figaro
vous en ont fait pour ce matin le récit détaillé. Trois éléments bloquaient
encore à l’heure où nous bouclions votre infolettre : d’abord, celui du nombre
le candidats investis par parti : le PS en voulait 100, LFI n’était prêt
initialement à lui en accorder que… 32, d’après un socialiste, pour qui le
chiffre relevait plus du comique que du compromis.
**Un
message de Bayer : Lorsqu'elles sont exploitées correctement, les données et
l’analytique représentent un fort potentiel dans le domaine de la santé. Et si
l’intelligence artificielle permettait de faire considérablement avancer la
recherche clinique ? Découvrez-en plus sur le potentiel de l’utilisation des
données numériques dans le domaine de la santé.**
Ensuite, le
choix du candidat à placer dans certaines circonscriptions convoitées restait
critique, alors que chaque groupe a sa vision bien à lui. Comme l’évoquait le
Figaro, les Insoumis ont en tête de placer l’opposante d’Anne Hidalgo Danièle
Simonnet dans la 15ème de Paris, où Mélenchon a fait 47% au premier tour. Etait
prévue côté PS Lamia El Aaraje. Les Insoumis avaient aussi concocté d’autres
plans pour la circo du Mans que celui de nommer Sylvie Tolmont, ancienne
suppléante de Stéphane le Foll. Enfin, socialistes et Insoumis peinaient encore hier soir à trouver un
“langage commun” sur le sujet de l’Europe, entre autres épineuses questions qui
les séparent.
Casus belli. Pour
ajouter un peu de piment à la soirée, il fallait aussi retenir le coup de
théâtre de Bernard Cazeneuve, qui a annoncé dans un long post Facebook vouloir
claquer la porte si le PS concluait un accord avec LFI — menace accueillie d’un
ironique “nos anciens s’agitent” par un des socialistes avec qui votre
infolettre s’entretenait hier soir, et qui faisait aussi référence au cas du
maire PS Stéphane Le Foll, qui fustigeait lui aussi l’éventualité d’un accord.
Un cadre du parti se montrait plus gêné aux entournures, notamment car lui-même
avait encore il y a quelques semaines des différents irréconciliables avec LFI,
notamment sur le volet laïcité.
A noter : un
accord a été trouvé hier après-midi entre LFI et le parti communiste de Fabien
Roussel, qui s’est dans la foulée fendu d’un tweet enthousiaste sur l’Histoire
(oui, avec un grand H) qui pourrait se réécrire 86 ans après la victoire aux
législatives du Front Populaire. Quelques heures plus tard à peine, une autre
histoire s’écrivait pourtant, avec de premiers réfractaires à l’accord, à
l’image de la maire communiste de Vénissieux qui refuse de laisser sa circo à
l’Insoumis Taha Bouhafs. Les candidats non investis pourront en tout cas
rejoindre la liste des victimes collatérales de l’accord qui s’allonge de jour
en jour (et dont le Parisien a commencé à tenir la liste) au point de pouvoir
presque, à leur tour, prétendre composer un groupe.
POTS DE
DÉPARTS ET D’ARRIVÉES EN MACRONIE
DANS LES STARTING-BLOCKS. La majorité présidentielle
maintient le cap d’annoncer sa première fournée d’investitures “demain ou jeudi
matin”, et a également donné au Parisien la date de son grand raout pour les
législatives, fixée le 10 mai prochain aux docks d’Aubervilliers, nous
assurait-on hier soir. Le reste des annonces devrait suivre d’ici à la fin de
semaine, permettant d’accueillir in extremis d’éventuels déçus de l’accord
NUPES, juste avant d’ouvrir la semaine prochaine sur une séquence
présidentielle très européenne qui ne saurait souffrir le moindre rififi.
Et pourtant! rififi voire même “clapottis” restent à
l’horizon, pour reprendre l’expression consacrée de Richard Ferrand et
d’Edouard Philippe au sujet des noms d’oiseaux qui circuleraient au sein de la
majorité. La poutre travaillait
encore hier soir sur l’épineuse question de la structure que ladite majorité
pourra prendre à l’Assemblée, sans froisser ses multiples composantes. “Tout
n’a pas encore atterri, on a un groupe pas nécessairement symétrique qu’il va
falloir moduler”, expliquait en langage diplomatico-macroniste une conseillère
du parti. Le sujet est encore étroitement lié à la composition du futur
gouvernement où pourraient se jouer un “réajustement des équilibres” en
attribuant plus de postes aux groupes déçus.
ENCORE UN RÂTEAU.
L’Elysée n’a pourtant toujours pas de nouvelles du futur locataire de Matignon
et essuie même un nouveau refus: celui de Valérie Rabault, présidente du groupe
socialiste à l’Assemblée nationale et députée du Tarn-et-garonne — connue pour
sa fine compréhension des rouages du budget, dont elle a été rapporteure.
Celle-ci a affirmé à BFMTV avoir décliné la proposition par fidélité à ses
idées, notamment en raison de son opposition à la réforme des retraites à 65
ans. Pour rappel, Valérie Bédague, ancienne directrice de cabinet de Manuel
Valls en pantoufles à Nexity, a également décliné la proposition, selon nos
confrères du Parisien.
(Re-)investiture.
La nomination d’un (ou une) Premier ministre commence pourtant à presser, la
cérémonie d’investiture du Président de la République étant annoncée ce samedi
7 mai à 11 heures. Au programme: Laurent Fabius proclamera les résultats
officiels du second tour de l’élection présidentielle depuis l’Elysée avant un
discours d’Emmanuel Macron, qui sera reconnu Grand Maître de l’ordre national
de la Légion d’Honneur. A midi, le chef de l’Etat passera en revue les troupes
d’un détachement interarmées dans les jardins de l’Elysée.
AVALANCHE DE
CAGNOTTES LEETCHI. Que les inquiets se rassurent : en attendant que la Macronie
ait un gouvernement et que des candidats à la députation soient officiellement
nommés, la saison des pots de départ bat son plein et occupe les conseillers.
“On en est au moins au quatrième et il en reste, entre les pots de départ des
conseillers groupés ou au fil de l’eau, les pots pour remercier les agents, les
pots de fin de cab et les pots pour se pleurer dans les bras tout en se jurant
qu’on ne se perdra jamais de vue”, pianotait hier soir sur Telegram une
conseillère du côté Ministère de la transition écologique.
Indice doliprane.
De fidèles lecteurs nous ont aussi sobrement informé que le pot de départ sur
rooftop d’Adrien Taquet, qui a officialisé qu’il ne rempilerait pas pour un
prochain quinquennat, et celui d’Agnès Pannier-Runacher, qui pourrait quitter
Bercy mais qui, elle, se verrait bien reconduite ailleurs, ont été suffisamment
festifs pour nécessiter un grand verre d’eau accompagné d’un gramme de
paracétamol pour certains participants.
POUTINE AU BOUT DU FIL
REPRISE DE
CONTACT. Pour la première fois depuis le 29 mars, Emmanuel Macron et Vladimir
Poutine se sont parlés au téléphone hier durant plus de deux heures, d’après
l’Elysée. Le président français a pris l’initiative d’appeler Poutine après son
échange avec le président Zelenskyy, samedi dernier, a fait savoir la
présidence française. Emmanuel Macron a appelé au cessez-le-feu, et à la
poursuite de l’évacuation des civils ukrainiens toujours piégés dans l’usine
Azovstal de Marioupol. Le Kremlin a pour sa part donné une version différente
de l’appel.
Version Kremlin.
Malgré les nombreuses preuves de crimes de guerre commis par les soldats
russes, tels que les meurtres de Boutcha et le bombardement de la ville de
Marioupol, Poutine a dénoncé les “crimes de guerre” des forces ukrainiennes, et
accusé les pays de l’UE de les “ignorer”, selon le communiqué du Kremlin. Il a
également affirmé que “l’Occident pourrait aider à arrêter ces atrocités en
exerçant une influence appropriée sur les autorités de Kiev, ainsi qu’en
arrêtant la fourniture d’armes à l’Ukraine”.
On s’écrit, hein?
Emmanuel Macron a déclaré qu’il restait “disponible pour oeuvrer aux conditions
d’une solution négociée” et les deux présidents se sont mis d’accord pour
rester en contact. Néanmoins, le communiqué de l’Elysée ne fait aucune mention
à de nouveaux appels éventuels – chose qui était pourtant mentionnée dans les
communiqués précédents, comme le note mon collègue Giorgio dans son article (en
anglais).
6 PACK. Pendant
ce temps-là, le sixième train de sanctions européennes contre la Russie est prêt.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pourrait
officiellement le présenter au parlement européen ce matin, après l’avoir fait
approuver par les autres commissaires hier. Le texte est déjà en train de
circuler parmi les diplomates des 27 depuis hier soir. Ils le débattront lors
d’une réunion aujourd’hui, rapporte mon collègue Giorgio Leali.
Stop au
pétrole. La mesure la plus attendue est l’arrêt des importations du gaz russe
avant la fin de l’année. D’après
les informations de nos collègues de Bruxelles, il ne sera pas question d’un
embargo total et immédiat mais d’un système graduel. La présidente de la
Commission européenne pourrait proposer un stop aux importations de pétrole
russe sous six mois, avec un arrêt du gaz sous neuf mois, avec des exceptions
pour les pays plus dépendants du gaz russe, tels que la Hongrie et la
Slovaquie.
TotalOuin. Ce
n’est pas une bonne nouvelle pour TotalEnergies, pour qui le timing s’accélère.
Le géant français avait annoncé en mars qu’il arrêterait tout achat de pétrole
ou produit pétroliers russes avant la fin de l’année. Alors que certaines
raffineries de l’entreprise ont déjà commencé à opérer sans gaz russe, par
exemple à Anvers, d’autres en dépendent encore.
La liste
s’allonge. Le nouveau paquet devrait aussi ajouter d’autres personnalités et
banques russes à la liste des sanctions. Les nouvelles actions von aussi
exclure d’autres banques (telles que Sberbank, la Banque de crédit de Moscou et
la Banque Agricole Russe) du système international de paiement SWIFT. Il est
aussi question de limiter les activités de lobbying et de conseil des sociétés
européennes pour des clients russes.
**A l’aube de la
réforme de la directive relative aux emballages et aux déchets d'emballages,
Mattia Pellegrini, chef de l’unité B3 à la direction générale de
l’environnement au sein de la Commission européenne se joindra à l’événement
POLITICO Live “EU’s packaging rules revamp: towards a more sustainable future
?” le 10 mai prochain à partir de 16h30. Et vous? Inscrivez-vous dès
maintenant!**

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