terça-feira, 3 de fevereiro de 2026

Playbook Paris

 


Playbook Paris

Par SARAH PAILLOU

https://www.politico.eu/newsletter/playbook-paris/cinq-a-dix-ou-plus/

 

Avec ÉLISA BERTHOLOMEY et ANTHONY LATTIER

 

DINGDINGDING. Interprétez cette onomatopée comme un jingle, du genre de la sonnerie du multiplex de Canal+ en cas de but. Elle annonce ici que vous n’aurez pas besoin de café matinal en ce mardi 3 février 2026, on a de quoi vous électriser : un sondage en exclu-lulu. Bonjour à toutes et tous.

 

MUNICIPALES À PARIS

QUALIF POUR LA PLACE DU CALIFE. Et de cinq ! Sarah Knafo était tout sourire, hier soir, en découvrant les résultats de l’étude* de Cluster 17, dévoilée en exclusivité par POLITICO : la candidate Reconquête aux municipales à Paris y atteint pour la première fois le seuil des 10% d’intentions de vote, qualificatif pour le second tour. Son score rend ainsi possible une quinquangulaire, le maintien de cinq prétendants (Playbook décline toute responsabilité en cas de naissance d’un débat épique sur le terme adéquat pour un tel scénario).

 

Triptyque. “Je suis la seule en dynamique à droite”, s’est félicitée Sarah Knafo auprès de nous. Force est de constater que Rachida Dati (Les Républicains), donnée deuxième à 26%, recule d’un point par rapport à la dernière étude de Cluster 17, en novembre. Le prétendant d’Horizons soutenu par Renaissance, Pierre-Yves Bournazel, se maintient, lui, à 14% — et ne nous a pas répondu hier, peut-être pour éviter nos questions sur son changement soudain de directeur de campagne, révélé par Le Journal du Dimanche.

 

Créneau serré. “Pour Dati, il est quasiment impossible de gagner en cas de maintien [à la fois] d’une liste plus à droite et d’une liste plus au centre” au second tour, estimait hier Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17. D’où l’appel réitéré de Knafo à l’union, avec la candidate LR mais aussi Bournazel, “pour gagner” (mais sans envisager son propre désistement, qui pourrait permettre à Dati de récupérer ses voix).

 

Tout bénef. Dans l’équipe du socialiste Emmanuel Grégoire, on se réjouissait de sa place de numéro un, et de sa progression jusqu’à 33% des voix — +3 points depuis novembre, merci l’union des gauches non mélenchonistes. Si l’une de ses communicantes notait avec délectation le “décrochage” de l’Insoumise Sophia Chikirou (-2, 12%), lui s’inquiétait de la poussée de Sarah Knafo. “L’extrême droite zemmouriste pourrait entrer au Conseil de Paris”, a-t-il iXé, en profitant pour lancer un appel à la mobilisation des électeurs.

 

Gloups. Au Rassemblement national, un proche du président du parti Jordan Bardella a été tout secoué d’apprendre hier la cote de l’eurodéputée Reconquête, par la voix de ma collègue Marion Solletty. Il ne s’attendait pas non plus à découvrir son champion Thierry Mariani aussi bas : 4%. Votre serviteure n’ira pas jusqu’à penser que c’est ce qui a poussé Jordan Bardella à se fendre d’un X de soutien, hier soir, à son candidat. Tous les détails du sondage, et les analyses de Jean-Yves Dormagen, sont à retrouver dans cet article (gratuit et en français).

 

RASSEMBLEMENT NATIONAL

ROULEMENT DE TAMBOUR. Et si la campagne présidentielle débutait en ce mardi ? Etats-majors de partis, candidats plus ou moins déclarés et tout un tas d’observateurs s’attendent plutôt à un top départ donné après les élections municipales de mars. Mais les réquisitions contre Marine Le Pen, prévues aujourd’hui, pourraient être un déclencheur, prévient un poids lourd de l’ex-majorité présidentielle.

 

Si vous vivez dans une grotte. La triple candidate à la présidentielle est pour l’heure toujours inéligible, suspendue qu’elle est, depuis sa condamnation en première instance, à son procès en appel qui se tient jusqu’au 12 février. Si son empêchement électoral était confirmé — réponse “à l’été”, avait envisagé la cour —, “MLP” a promis de passer le relais de la course élyséenne à Jordan Bardella, le président du parti.

 

Pressé. Mais cet adoubement pourrait venir plus tôt, phosphorait la semaine dernière le cadre centriste évoqué plus haut. Par exemple en cas de réquisitoire particulièrement sévère qui aurait des airs de condamnation, ou d’une date de verdict jugée trop tardive (on la connaîtra la semaine prochaine) pour ne pas obérer la campagne du dauphin, imaginait-il. Ce qui lancerait, dans son esprit, les hostilités présidentielles, bloquées tant que l’identité de “l’adversaire principal(e)” est inconnue.

 

Mouais, bof. Renaud Labaye, interrogé hier après-midi, se montrait prudent tant le sujet est ultra sensible en Lepénie, mais aussi sceptique sur une hypothèse d’accélération du calendrier de MLP. Qu’“aucun élément” ne vient accréditer, d’après le secrétaire général du groupe RN au Palais-Bourbon, proche conseiller de “la patronne”, comme on dit chez eux. 

 

RÉUNION DE FAMILLE. Puisqu’on parle du RN, sachez que leur groupe au Parlement européen, les Patriotes pour l’Europe, organise aujourd’hui à Bruxelles un colloque sur la “liberté d’expression”. Un rendez-vous trumpiste à souhait, avait repéré Le Nouvel Obs la semaine dernière. Parmi les invités : des pontes de The Heritage Foundation, le think tank à l’origine du programme de Donald Trump ; des fondamentalistes chrétiens anti-avortement ; le nouveau président du Chili José Antonio Kast, d’extrême droite et très très aligné avec les positions du président américain.

 

Comme un malaise. Votre infolettre a bien tenté d’en apprendre davantage auprès de plus d’une dizaine d’élus et conseillers RN, mais n’a trouvé que porte close (plutôt messageries téléphoniques, pour être exacte). Nos collègues de Brussels Playbook ont eu plus de succès du côté des Conservateurs et réformistes européens, l’autre groupe d’extrême droite co-organisateur du “sommet transatlantique”, et des opposants à l’événement. Personne n’a donc daigné nous dire en France si Jordan Bardella serait de la fête. Peut-être parce que le président du parti cherche à tout prix ces jours-ci à tenir à distance l’énergique Donald Trump. Qui n’a “jamais été [son] modèle”, a-t-il encore insisté, hier matin sur BFMTV.

 

C’est pas nous, c’est les autres. Un début de réponse est finalement venu de Renaud Labaye, pourtant en poste à Paris, et qui a découvert hier matin l’existence de la conférence (grâce à France Inter, dont il n’est pas un auditeur régulier, rassurez-vous).“Le principe de la liberté d’expression ne semble pas incompatible avec le principe de souveraineté”, que défendrait le chef de parti en s’éloignant du président américain, a tenté le conseiller. Renseignements pris, il nous a assuré que la délégation française n’était “pas dans la boucle” du colloque, organisé par leurs alliés au sein des Patriotes pour l’Europe. Le groupe que préside Jordan Bardella.

 

INCRUSTES. Eux sont d’anciens alliés du RN (excommuniés pour cause d’expression de sympathie pour les SS) et seront d’un autre raout : trois parlementaires de l’AfD participeront à la Conférence de Munich sur la sécurité, prévue du 13 au 15 février. La formation d’extrême droite allemande fera ainsi son retour au grand sommet de la sécurité internationale, après trois années à se faire ghoster. Le parti espérait toutefois gratter davantage de cartons d’invitation, dont un pour sa leader Alice Weidel (en vain), surtout après les multiples coups de pression infligés aux organisateurs, entre poursuites judiciaires et appels à un ami américain — devinez lequel —, que vous conte ma collègue berlinoise Nette Nöstlinger dans cet article, en français et en libre accès.

 

AUSSI DANS L’ACTU

ON RESSORT LES BOTTES. On aurait presque oublié de vous signaler que ça y est, la France a un budget (si le Conseil constitutionnel le valide). Est-ce ce qui a libéré Emmanuel Macron ? Le chef de l’Etat renoue aujourd’hui avec les déplacements en France, dans une exploitation laitière de Haute-Saône précisément. Histoire d’adresser un “message de soutien”, selon son équipe, aux agriculteurs, sacrément remontés à moins de vingt jours de l’ouverture du Salon du secteur (le 21 février) — souvenez-vous ici que ce rendez-vous n’a pas toujours été de tout repos pour le président. Mes collègues de Paris Influence disent tout à nos abonnés PRO de la “fébrilité” (dixit un syndicaliste) de l’exécutif sur le sujet.

 

AU RAPPORT. Les Républicains vont le sommer de s’expliquer : le général Christophe Gomart, eurodéputé LR, a déclenché le courroux des cadres de son parti hier en annonçant son soutien à Eric Ciotti pour la municipale de Nice, a relaté Nice-Matin. C’est-à-dire, si ça vous avait échappé, à l’ex-patron du parti qui l’avait convaincu de le rejoindre aux dernières européennes avant de partir s’allier au RN. Et Gomart de prôner “l’union des électeurs de droite”, une expression rappelant celle utilisée par Bruno Retailleau (l’union “dans les urnes”), le président de la formation, quand il se défend de toute tentation d’alliance partisane avec le RN.

 

Pan sur les doigts. C’est d’autant plus problématique pour LR, que la commission nationale d’investiture, dont Christophe Gomart est membre, avait exprimé sa préférence pour le maire sortant Horizons, Christian Estrosi. La formation de droite entend donc convoquer sous peu l’eurodéputé avant d’envisager une sanction, s’est rencardé Playbook dans la soirée.

 

PEUCHÈRE. Un “tournant dans la campagne à Marseille”, n’a pu s’empêcher de nous signaler à la nuit tombée un soutien de Martine Vassal, la candidate LR aux municipales phocéennes. Il nous envoyait alors un article de Blast, révélant que le plan d’investissement “Marseille en grand”, lancé par Emmanuel Macron et notamment porté par le maire sortant, l’ex-socialiste Benoit Payan, était dans le viseur de la justice.

 

Qu’on vous explique. Des “faits susceptibles d’être constitutifs d’infractions à la loi pénale et notamment de délits de favoritisme” ont été signalés en septembre au procureur de la République de Marseille par … Georges-François Leclerc, le directeur de cabinet du chef de l’Etat, à l’époque où il était préfet des Bouches-du-Rhône. Sollicité, le palais présidentiel nous a renvoyé dans la nuit vers la préfecture du département.

 

Là où c’est mauvais pour Payan, c’est que l’enquête ouverte porte sur la Société publique des écoles marseillaises, créée en 2022 dans le cadre du plan susmentionné, pour assurer la rénovation de 200 établissements de la ville. Et présidée par le maire.

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