sexta-feira, 4 de abril de 2025

REMEMBERING: Affaire du "mur des cons" : l’ancienne présidente du Syndicat de la magi... / The "Wall of Idiots" affair is a French media and judicial affair.


L'affaire du « Mur des cons » est une affaire médiatique et judiciaire française.

 

Elle est liée à la présence, dans les locaux du Syndicat de la magistrature, courant 2013, d'un panneau d'affichage intitulé « Mur des cons » et sur lequel étaient affichées des photographies de diverses personnes signalées comme étant des « cons », dont des victimes d'affaires sordides.

 

L'affaire se conclut par la condamnation symbolique de la présidente du syndicat pour injures publiques, huit ans plus tard.

 

Chronologie de l'affaire

2013

En avril 2013, le site d'information Atlantico publie une vidéo montrant un panneau intitulé « le mur des cons », sur lequel sont affichées, dans le local du SM, les photos de diverses personnalités publiques — hommes politiques, intellectuels ou journalistes, majoritairement[2] de droite — de hauts magistrats ou de syndicalistes policiers. On y trouve également des photos de divers parents de victimes, dont deux pères de jeunes filles violées et tuées par des récidivistes, qui avaient milité en faveur du fichage génétique des délinquants sexuels et contre le laxisme de la justice. Cette publication est vivement commentée dans la presse. Étienne Mougeotte parle de « pratique totalitaire », Luc Ferry de liste « inquiétante ». Le Point évoque des « têtes à abattre  et le journal d'information Metro s'interroge sur la question de « l'impartialité de la justice ». Indigné, le député UMP Christian Jacob adresse une lettre au président de la République où il écrit : « Cette pratique n’est pas tolérable [...] elle est un manquement grave au principe d’impartialité de la justice ». L'ancien avocat général Philippe Bilger condamne cet affichage qui « discrédite » ces magistrats et pose la question : « Quelle présomption il faut, pour qualifier ainsi sommairement, brutalement autrui, précisément ciblé, coupable de penser autrement ! ». La revue Valeurs actuelles, parlant de « mur de la honte », s'indigne de trouver sur la liste Jean-Pierre Escarfail, « le président d’une association de victimes, dont la fille a été violée et assassinée » (par Guy Georges), ainsi que le général Philippe Schmitt, père d'une jeune fille assassinée en 2007. Les autres syndicats de magistrats se désolidarisent du SM : « Cela donne une image détestable de notre profession », réagit Christophe Régnard, de l'Union syndicale des magistrats (USM). « L'apolitisme doit être la règle pour garantir notre impartialité », explique Béatrice Brugère, de FO-Magistrats. Du reste, Bruno Thouzellier, ancien président de l'USM, figure lui-même sur le mur des cons. Décrivant la réaction des magistrats, le chroniqueur judiciaire Dominique Verdeilhan précise que ceux-ci sont particulièrement choqués par cette affiche et encore davantage par le fait de mettre en cause des parents de victimes.

 

Interrogée au Parlement le 24 avril, Christiane Taubira admet que « les personnes qui se trouvent sur ce panneau sont parfaitement fondées à déposer plainte et le parquet à conduire une action publique ». Le lendemain, au Sénat, elle annonce avoir saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

 

Sophie Combes, secrétaire nationale du SM, s'en prend à Atlantico en dénonçant un « travail de décrédibilisation ». Réagissant à la polémique, la présidente du SM Françoise Martres déclare : « Le Syndicat de la Magistrature est un syndicat de gauche, alors certains ne le supportent pas mais, cela n'a rien à voir ensuite avec notre partialité et notre impartialité. ». Dans une lettre ouverte destinée à la ministre de la Justice, elle critique ensuite la « saisine consternante » du CSM. Le 28 avril, Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien au syndicat en fustigeant une « provocation monstrueuse ».

 

L'avocat Gilles-William Goldnadel — également chroniqueur d'Atlantico — condamne un « sentiment total d’impunité » et critique la collusion du syndicat avec le pouvoir politique. Il devient par la suite l'avocat de Clément Weill-Raynal, le journaliste ayant filmé le mur et transmis la vidéo à des tiers. Le Syndicat national des journalistes apporte son soutien au SM et rappelle que « l’utilisation d’images volées dans un lieu privé, en l’occurrence les locaux du SM, est contraire à la déontologie professionnelle la plus élémentaire »[24]. Ce soutien du SNJ au SM ainsi que ses reproches à l'encontre du journaliste seront critiqués en retour par Luc Rosenzweig dans une tribune sur le site Causeur.

 

Quelques jours après, le SM retire le panneau, avançant pour explication qu'il n'avait pas vocation à sortir de la sphère privée pour entrer dans la sphère publique. Il invoque, pour justifier son existence, « un temps où la justice était sous pression permanente et où les magistrats faisaient l’objet d’attaques violentes et démagogiques ». Gilles-William Goldnadel, quant à lui, porte plainte contre le syndicat pour destruction de preuves. La direction de France Télévisions, quant à elle, décide de demander une mise à pied de Clément Weill-Raynal. La direction de France 3 reproche au journaliste d'avoir d'abord menti sur l'origine de ces images qu'il avait pourtant filmées.

 

Aux élections professionnelles de juin 2013, le Syndicat de la magistrature enregistre un recul de 6,9 % des voix et perd 48 grands électeurs, sur 130, à la commission d'avancement. Il ne représente plus qu'un quart des magistrats, contre un tiers en 2010. De l'avis de plusieurs observateurs, il paie ainsi l'affaire du « mur des cons » ainsi que son appel à voter contre le président de la République sortant Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle. Il compte 904 adhérents sur plus de 8 000 magistrats.

 

2014 à 2016

Le 17 février 2014, la présidente du Syndicat de la magistrature, Françoise Martres, est mise en examen pour injures publiques. Devant ses juges, lors de l'interrogatoire de première comparution, elle se montre « plutôt vindicative ». À la question de savoir qui a affiché les photos sur le « mur des cons », elle répond : « Je n'ai pas à vous répondre, vous n'avez qu'à chercher vous-mêmes ». Elle demande ensuite que la procédure soit annulée, arguant de ce qu'« elle n'avait pas voulu donner de caractère public au mur des cons ». Elle est déboutée de sa demande en octobre 2014, si bien que plus rien n'empêche alors, selon Le Figaro, « que la procédure aille à son terme et que la responsable, en tant qu'éditrice, se retrouve en audience correctionnelle ». En septembre 2015, elle est renvoyée devant la justice pour « injures publiques ». Elle se pourvoit en cassation contre cette décision. Le 29 novembre 2016, la Cour de cassation rejette son pourvoi.

 

2017

Deux semaines après la nomination de Nicole Belloubet, le 21 juin 2017, au poste de garde des Sceaux, le ministère de la justice propose Françoise Martres, jusque-là conseillère à la cour d'appel d'Agen, pour un poste de première vice-présidente adjointe au tribunal de grande instance de Bordeaux. 17 autres candidats ont postulé pour ce poste. Par décret du président de la République en date du 16 août 2017, publié au Journal officiel de la République française le 18 août 2017, elle obtient le poste après avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature.

 

2018 à 2021

En octobre 2018, vidéo à l'appui, Le Point prouve que Françoise Martres, contrairement à ce qu'elle avait affirmé devant la juge d'instruction, a bien vu Clément Weill-Raynal devant le « mur des cons » et parlé avec lui.

 

Le procès de Françoise Martres pour injures publiques doit se tenir au tribunal de grande instance de Paris du 4 au 7 décembre 2018. Parmi la quinzaine de plaignants se trouvent des personnalités politiques comme Patrick Balkany, Éric Woerth et Robert Ménard, mais aussi le polémiste Dieudonné et le père d'une jeune femme assassinée. Le parquet requiert la relaxe. Françoise Martres est finalement condamnée le 31 janvier 2019 à 500 euros d'amende pour « injure publique ». La juridiction de jugement reconnaissant le préjudice particulier subi par les époux Schmitt qui avaient perdu leur fille, le SM est condamné à verser un total de 15 000 euros au général Schmitt, en guise de dommages et intérêts et de frais de justice. Pour le tribunal, « la conception, la réalisation, la publication et la diffusion du « Mur des cons » sont inconcevables de la part de magistrats, compte tenu de la mission et du rôle particuliers de l'autorité judiciaire dans une société démocratique ». Le Front national est quant à lui débouté.

 

Martres fait alors appel et voit sa condamnation à 500 euros d'amende avec sursis, 5 000 euros de dommages et intérêts et 10 000 euros au titre des frais de justice confirmée[43]. Déboutés, car leurs plaintes étaient incomplètes, Robert Ménard et le Rassemblement national font appel. La cour, statuant sur le plan civil, juge leurs plaintes suffisamment claires et condamne Françoise Martres à leur verser, pour injure publique, un euro symbolique de dommages et intérêts et 1 000 euros au titre des frais de justice (article 475-1 du CPP). Les magistrats jugent que le local du syndicat, lieu privé, était devenu « occasionnellement public » lors de la visite du journaliste, et que le syndicat avait « conscience que le panneau serait vu par des tiers »

 

Le 12 janvier 2021, la Cour de cassation rejette les pourvois déposés par Françoise Martres et la condamne à payer 5 000 euros de frais de justice. Les condamnations contre l'ancienne présidente du Syndicat de la magistrature deviennent donc 



The "Wall of Idiots" affair is a French media and judicial affair.

 

It is linked to the presence, in the premises of the Magistrates' Union, in 2013, of a billboard entitled "Wall of idiots" and on which were displayed photographs of various people reported as "idiots", including victims of sordid affairs.

 

The affair ended with the symbolic conviction of the president of the union for public insults, eight years later.

 

Chronology of the case

2013

In April 2013, the Atlantico news website published a video showing a billboard entitled "The Wall of Idiots", on which were displayed, in the SM office, photos of various public figures — politicians, intellectuals or journalists, mostly from the right[2] — senior magistrates or police unionists. There are also photos of various relatives of victims, including two fathers of young girls raped and killed by repeat offenders, who had campaigned in favor of the genetic registration of sex offenders and against the laxity of justice. This publication was strongly commented on in the press. Étienne Mougeotte speaks of a "totalitarian practice", Luc Ferry of a "worrying" list. Le Point speaks of "heads to be slaughtered and the news newspaper Metro questions the question of the "impartiality of justice". Indignant, UMP MP Christian Jacob sent a letter to the President of the Republic in which he wrote: "This practice is not tolerable [...] it is a serious breach of the principle of impartiality of justice". The former attorney general Philippe Bilger condemns this display which "discredits" these magistrates and asks the question: "What presumption is necessary, to qualify in this way summarily, brutally another, precisely targeted, guilty of thinking differently!" The magazine Valeurs actuelles, speaking of a "wall of shame", is indignant to find on the list Jean-Pierre Escarfail, "the president of an association of victims, whose daughter was raped and murdered" (by Guy Georges), as well as General Philippe Schmitt, father of a young girl murdered in 2007. The other magistrates' unions dissociate themselves from the SM: "This gives a detestable image of our profession," reacts Christophe Régnard, of the Union of Magistrates (USM). "Apoliticism must be the rule to guarantee our impartiality," explains Béatrice Brugère, from FO-Magistrats. Moreover, Bruno Thouzellier, former president of the USM, is himself on the wall of idiots. Describing the reaction of the magistrates, the judicial columnist Dominique Verdeilhan said that they were particularly shocked by this poster and even more so by the fact that the parents of victims were implicated.

 

Questioned in Parliament on April 24, Christiane Taubira admitted that "the people who are on this billboard are perfectly justified in filing a complaint and the prosecutor's office in conducting a public action." The next day, in the Senate, she announced that she had referred the matter to the Superior Council of the Judiciary (CSM).

 

Sophie Combes, national secretary of the SM, attacked Atlantico by denouncing a "work of discrediting". Reacting to the controversy, the president of the SM Françoise Martres declared: "The Magistrates' Union is a left-wing union, so some people don't support it, but it has nothing to do with our partiality and impartiality." In an open letter to the Minister of Justice, she then criticises the "appalling referral" to the CSM. On 28 April, Jean-Luc Mélenchon gave his support to the union, castigating a "monstrous provocation".

 

Lawyer Gilles-William Goldnadel — also a columnist for Atlantico — condemns a "total feeling of impunity" and criticizes the union's collusion with the political power. He later became the lawyer of Clément Weill-Raynal, the journalist who filmed the wall and transmitted the video to third parties. The National Union of Journalists supports the SM and recalls that "the use of images stolen from a private place, in this case the SM's premises, is contrary to the most basic professional ethics"[24]. This support of the SNJ to the SM as well as its reproaches against the journalist were criticized in return by Luc Rosenzweig in an opinion piece on the website Causeur.

 

A few days later, the SM removed the sign, putting forward as an explanation that it was not intended to leave the private sphere to enter the public sphere. To justify its existence, he invokes "a time when the justice system was under permanent pressure and when magistrates were the object of violent and demagogic attacks". Gilles-William Goldnadel, for his part, filed a complaint against the union for destruction of evidence. The management of France Télévisions, for its part, decided to ask for the dismissal of Clément Weill-Raynal. The management of France 3 accuses the journalist of having first lied about the origin of these images that he had filmed.

 

In the professional elections of June 2013, the Magistrates' Union recorded a decline of 6.9% of the votes and lost 48 grand electors, out of 130, to the promotion committee. It now represents only a quarter of magistrates, compared to a third in 2010. In the opinion of several observers, he is thus paying for the "wall of idiots" affair as well as his call to vote against the outgoing President of the Republic Nicolas Sarkozy in the presidential election. It has 904 members out of more than 8,000 magistrates.

 

2014 to 2016

On 17 February 2014, the president of the Magistrates' Union, Françoise Martres, was indicted for public insults. In front of her judges, during the interrogation of the first appearance, she was "rather vindictive". To the question of who posted the photos on the "wall of idiots", she replies: "I don't have to answer you, you just have to look for yourself". She then asked that the procedure be annulled, arguing that "she had not wanted to give a public character to the wall of idiots". Her request was rejected in October 2014, so that nothing prevented her, according to Le Figaro, "from the procedure going to its conclusion and the person responsible, as a publisher, from finding herself in a criminal hearing". In September 2015, she was sent to court for "public insults". She appealed to the Court of Cassation against this decision. On 29 November 2016, the Court of Cassation rejected his appeal.

 

2017

Two weeks after the appointment of Nicole Belloubet, on June 21, 2017, to the post of Minister of Justice, the Ministry of Justice proposed Françoise Martres, until then a councillor at the Agen Court of Appeal, for the position of Deputy First Vice-President at the Bordeaux Regional Court. 17 other candidates applied for this position. By decree of the President of the Republic dated 16 August 2017, published in the Official Journal of the French Republic on 18 August 2017, she obtained the post after obtaining the assent of the High Council of the Judiciary.

 

2018 to 2021

In October 2018, with video support, Le Point proved that Françoise Martres, contrary to what she had claimed before the investigating judge, had indeed seen Clément Weill-Raynal in front of the "wall of idiots" and spoken with him.

 

The trial of Françoise Martres for public insults is scheduled to take place at the Paris High Court from December 4 to 7, 2018. Among the fifteen or so plaintiffs are political figures such as Patrick Balkany, Éric Woerth and Robert Ménard, but also the polemicist Dieudonné and the father of a young woman murdered. The prosecutor's office asked for the acquittal. Françoise Martres was finally sentenced on January 31, 2019 to a fine of 500 euros for "public insult". The trial court recognized the particular damage suffered by the Schmitts who had lost their daughter, and the SM was ordered to pay a total of 15,000 euros to General Schmitt in damages and legal costs. For the court, "the design, production, publication and dissemination of the 'Wall of Idiots' are inconceivable on the part of magistrates, given the particular mission and role of the judicial authority in a democratic society". The National Front was dismissed.

 

Martres then appealed and saw his sentence of 500 euros in suspended fines, 5,000 euros in damages and 10,000 euros in legal costs confirmed[43]. Rejected because their complaints were incomplete, Robert Ménard and the National Rally appealed. The court, ruling on the civil level, considered their complaints sufficiently clear and ordered Françoise Martres to pay them, for public insult, a symbolic euro in damages and interest and 1,000 euros in legal costs (Article 475-1 of the CCP). The magistrates ruled that the union's premises, a private place, had become "occasionally public" during the journalist's visit, and that the union was "aware that the sign would be seen by third parties"

 

On January 12, 2021, the Court of Cassation rejected the appeals filed by Françoise Martres and ordered her to pay 5,000 euros in legal costs. The convictions against the former president of the Magistrates' Union therefore become final


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