sábado, 18 de outubro de 2025

Macron déso pas déso

 


Macron déso pas déso

 

By Anthony Lattier

14 mins read

October 17, 2025 7:00 am CET

https://www.politico.eu/newsletter/playbook-paris/macron-deso-pas-deso/

Playbook Paris

Par ANTHONY LATTIER

Avec ELISA BERTHOLOMEY et SARAH PAILLOU

 

QUAND LE SAV MONTRE LA LUNE. Emmanuel Macron a beau assurer auprès des siens le service après-vente de la suspension de la réforme des retraites (nous y revenons tout de suite), cela ne convainc pas Edouard Philippe. Le Havrais, qui estime “ne rien devoir” au président “qui est venu le chercher [pour le nommer à Matignon en 2017]”, a une nouvelle fois, hier soir sur France 2, appelé à la démission du chef de l’Etat, “seule décision digne qui permettra d’éviter dix-huit mois d’indétermination et de crise”. Bonjour à tous, nous sommes vendredi 17 octobre 2025, bon réveil.

 

RÉFORME DES RETRAITES

AU LENDEMAIN DE LA PILULE. “Il fallait ce compromis pour permettre la stabilité.” Lors d’une réception organisée à l’Elysée, révélée par BFMTV et confirmée à Playbook, Emmanuel Macron a défendu hier la décision de Sébastien Lecornu, difficile à avaler pour beaucoup, de suspendre la réforme des retraites.

 

Gloire à ceux qui se sont battus. Une grosse quinzaine de députés du groupe EPR (Ensemble pour la République) avaient été conviés. Elisabeth Borne et Olivier Dussopt, les deux principaux artisans de la loi, étaient présents. Une marque “de soutien et d’affection”, selon un participant, pour le combat qu’ils ont mené — et dont les gains sont en passe d’être sacrifiés avec le feu vert de l’Elysée. Emmanuel Macron a insisté sur le “caractère douloureux” pour son camp de la suspension d’une réforme qui a déjà tant coûté à son camp — de nombreux élus l’ont payé dans les urnes après la dissolution.

 

Tellement douloureux qu’autour de la table, plusieurs députés ont fait savoir qu’il n’était pas question pour eux, au nom de la “cohérence” de ce qu’ils défendent depuis plusieurs années, de voter l’amendement qui suspendra la réforme.

 

**Un message d’American Express : Vous êtes dirigeants de TPE ou de PME ? Vous cherchez à optimiser votre trésorerie ? La Carte Business Platinum American Express est faite pour vous : Paiement différé jusqu’à 30 jours, cashback attractif et plein de services inédits pour optimiser votre trésorerie et gagner du temps au quotidien. Découvrez la Carte Business Platinum.

*Cashback = Remboursement versé en euros.**

 

A vous de jouer. En réponse, le chef de l’Etat a expliqué que “ce n’était pas son rôle de leur dire quoi voter mais de rappeler que la stabilité du pays est importante”, nous rapportait une source parlementaire, jointe dans la soirée. Macron a renvoyé la responsabilité de la consigne de vote au président du groupe EPR, Gabriel Attal.

 

Mistigri. Le message général a été diversement apprécié. “En gros c’était : rien n’est de ma faute et tout est entre vos mains”, grinçait notre interlocuteur. Selon les premières estimations de celui-ci, plus des trois quarts des députés EPR auraient l’intention de voter contre la suspension.

 

COURSE À OBSTACLES. Des voix opposées à la remise en cause de la réforme des retraites, il y en aura aussi du côté d’Horizons. Le chef du parti Edouard Philippe, pressé de clarifier sa ligne, a prévenu, sur France 2 hier, que ses troupes voteront contre cette “concession trop importante” faite aux socialistes. Ce qui ne signifie pas, a-t-il précisé, que ses élus soutiendront une censure du gouvernement, expliquant vouloir “lutter de l’intérieur”, dans le cadre du débat dans l’hémicycle.

 

L’aide d’un ennemi. Avec l’opposition d’une grande partie du bloc central, les socialistes devraient-ils s’inquiéter pour l’adoption de l’amendement de suspension, arraché de haute lutte ? Eux misent, pour arriver à leur fin, sur l’appui du reste de la gauche mais aussi des députés du Rassemblement national. Au groupe PS, on n’imagine pas que les lepénistes fassent barrage à la remise en cause de cette loi qu’ils ont eux-mêmes combattue. Mais certains socialistes sont sur leurs gardes et se méfient de l’attitude parfois imprévisible des élus RN, nous racontait une source parlementaire, hier.

 

Chose promise ou chômedu. Pressent-il que l’opération ne sera peut-être pas aussi simple à réaliser ? Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a en tout cas remis un coup de pression sur Sébastien Lecornu, toujours sur France 2, hier. Au Premier ministre de trouver un moyen de concrétiser sa promesse et “tenir son engagement” si son gouvernement veut continuer d’exister — il a échappé à une motion de censure hier, à 18 voix près.

 

BUDGET

APPEL À MODÉRATION. Avant d’en arriver au budget de la Sécu et cet amendement controversé, l’Assemblée nationale devra examiner le projet de loi de finances. Et ce, sans utilisation du forceps, aka l’article 49.3, dont Sébastien Lecornu a promis de se passer. Mais sans cet outil, impossible pour le gouvernement de corriger facilement la copie ou de couper court aux débats afin de tenir les délais impartis (les 70 jours prévus par la Constitution). D’où la nécessité que chacun y mette du sien et qu’il n’y ait pas d’obstruction parlementaire.

 

Autodiscipline. C’est la raison pour laquelle la commission des Finances a demandé mercredi aux groupes politiques de limiter le nombre de leurs amendements dont le dépôt se termine demain matin avant les premiers débats lundi. Une “cible” a été fixée pour chaque groupe, en fonction de sa taille, de 271 pour le RN à 35 pour l’UDR, a appris mon collègue Jason Wiels hier. Rien ne dit que la consigne sera respectée, mais l’objectif final est de restreindre à 1250 le nombre d’amendements en commission et au double en séance publique.

 

Rester ordonnés. Aux yeux du président de la commission Eric Coquerel, c’est un moyen d’éviter un enlisement. Le député Insoumis expliquait récemment à des journalistes ne pas vouloir offrir de “prétexte” à l’exécutif pour faire passer sa version du texte par ordonnances, si les débats au Parlement dépassaient les délais. Renseignements pris du côté des groupes de gauche, du bloc central et du RN, on nous jurait hier qu’il n’était pas dans leur plan, à ce stade, d’engorger le Parlement.

 

AUSSI DANS L’ACTU

ILS PRENNENT DATE. Peu importe que Renaissance n’ait toujours pas tranché, eux ont fait leur choix depuis longtemps : ce sera Rachida Dati. C’est donc tout naturellement que le député macroniste Sylvain Maillard, président de la fédération parisienne du parti, et le ministre Benjamin Haddad, élu dans le 16e arrondissement, se sont affichés hier soir aux côtés de la candidate à la mairie de Paris, qui inaugurait son QG de campagne dans le 12e arrondissement.

 

Une visite “à titre amical”, bien sûr, nous précisaient les proches des deux macronistes. Sous-entendu : leur présence aux côtés de celle qui a été investie par Les Républicains n’engage pas leur formation politique. Il n’empêche, cela remet la pression sur les épaules de Gabriel Attal. Celui-ci se fait toujours des nœuds au cerveau pour savoir s’il soutiendra ou non la ministre de la Culture avec qui les relations se sont dégradées cet été et qui suscite un rejet croissant de ses troupes.

 

SPOTTED. Ça ne fera peut-être pas autant de barouf que le dîner de Sébastien Lecornu avec Marine Le Pen, mais un autre déjeuner entre un macroniste et un élu du Rassemblement national nous a intrigués hier. Repérés en terrasse du Concorde, tout proche de l’Assemblée : le député RN Jean-Philippe Tanguy, proche de MLP, et Maxime Cordier, dircab de Gabriel Attal. Leur relation, vieille de plus de dix ans, n’est “pas du tout politique”, nous a assuré l’un, quand l’autre le qualifiait d’“ami personnel”.

 

L’ÉLECTION DU WEEK-END. On s’en voudrait de ne pas vous dire un mot de la course à la présidence du Parti radical qui dure jusqu’à dimanche 18 heures et qui oppose deux ex-ministres : Dominique Faure et Nathalie Delattre (on vous en parlait déjà ici). Ex, car cette dernière, par ailleurs présidente sortante, n’a pas été reconduite dans le gouvernement Lecornu II, et aucun membre de son parti n’est entré.

 

Une sortie radicale. Pourtant, Delattre avait affiché ses ambitions en réclamant à Sébastien Lecornu un ministère de plein exercice, selon une petite main du parti. Avant de reconnaître piteusement, une fois le gouvernement nommé, que le Premier ministre ne répondait pas à ses SMS. Sans parler de ses sorties que d’aucuns ont jugées maladroites lors de la réunion à l’Elysée vendredi dernier et relatées par Le Canard Enchaîné. “Certains commencent à se demander comment elle peut représenter le parti si elle n’est pas respectée”, ajoutait notre source.

 

GUERRE EN UKRAINE

RENDEZ-VOUS À BUDAPEST. Donald Trump et Vladimir Poutine se sont appelés hier soir et ont convenu de se rencontrer dans les deux semaines en Hongrie. Après le coup de fil, le président américain s’est montré plus prudent sur la livraison de missiles Tomahawk à l’Ukraine, ne voulant pas “appauvrir” ses propres réserves. Il aura l’occasion d’expliquer cela en direct à Volodymyr Zelensky, qu’il reçoit aujourd’hui à la Maison-Blanche.

 

L’EFFET DRONE. L’entrée de drones russes dans l’espace aérien de l’Otan a marqué l’opinion publique : 80% des Français estiment désormais que la Russie constitue “une menace pour la souveraineté des pays de l’Union européenne”, selon un sondage effectué par Dynata pour Havas peu après la vague d’incursions aériennes attribuées à la Russie — ou pour lesquelles Moscou est fortement soupçonné — en septembre. C’est huit points de plus que dans une étude réalisée par l’Ifop avant le survol de la Pologne par des drones.

 

Courage, fuyons. Si le sondage confirme un soutien fort à l’Ukraine et une opinion très négative de la Russie sur l’ensemble du spectre politique, les personnes interrogées sont partagées sur le degré d’implication que devrait avoir la France dans la résolution du conflit. 79% jugent nécessaires des garanties de sécurité pour assurer le respect d’un éventuel cessez-le-feu, mais seuls 53% souhaitent que la France fasse partie des “pays volontaires” chargés de garantir la sécurité de l’Ukraine (six points de plus tout de même que dans le sondage Ifop précité).

 

Bande à part. Les sympathisants du Rassemblement national en particulier jugent à 65% la France “trop impliquée” dans le conflit. Une proportion également élevée, à tout juste 50%, chez les sympathisants de la France insoumise.

 

Enquête réalisée en ligne par Dynata entre le 25 septembre et le 2 octobre 2025, auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus. Les résultats ont été comparés à ceux d’une précédente vague menée du 5 au 8 septembre 2025.

Sem comentários: