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Par ÉLISA
BERTHOLOMEY
Avec
SARAH PAILLOU et MATTHIEU VERRIER
https://www.politico.eu/newsletter/playbook-paris/le-pen-nous-mene-en-bas-taux/
ET VOUS,
VOUS FAITES QUOI LE 13 OCTOBRE PROCHAIN ? Parce que nous, on se fera
encore tout beaux pour notre nouveau sommet sur la compétitivité à Paris, un an
après le succès de notre première édition et trois semaines après notre sommet
Playbook Live.
Au
programme, ce coup-ci : des tables rondes sur les thèmes de l’Europe, de
l’énergie, de l’IA, de l’innovation, un nouveau podcast en live, mais
aussi des entretiens avec le commissaire européen Stéphane Séjourné ou la
patronne d’Engie Catherine MacGregor. Sans oublier des grandes interviews avec
trois candidats à la présidentielle : Edouard Philippe, Raphaël Glucksmann et
Bruno Retailleau. Rien que ça. C’est par ici pour venir sur place ou pour nous suivre en direct
et retrouver notre programme (presque) finalisé.
Bonjour à
toutes et tous, bon réveil, nous sommes mercredi 7 octobre 2026. Voici le
menu :
—
Mouvement lycéen : Macron reprend la main.
— Le
budget pas très budgété du RN.
Dans le
podcast de Playbook Paris paru hier soir : Anthony, Sarah et Jason se demandent
si l’opération de Marine Le Pen pour asseoir sa crédibilité sur la maîtrise des
finances publiques est réussie.
MOUVEMENT
LYCÉEN
DEVINE
QUI REVOILÀ. Vous vous souvenez quand on vous écrivait lundi
matin qu’Emmanuel Macron “n’aurait d’autre choix que de s’occuper” de la
colère lycéenne ? Nous y sommes : après avoir assisté au lancement
d’un missile nucléaire (non chargé) depuis le sous-marin Le
Vigilant, le chef de l’Etat a convoqué une réunion à l’Elysée hier soir, a
appris Playbook en même temps que BFMTV. Un “point de suivi comme il en a fait ce
week-end par téléphone”, utile pour surveiller “l’exécution de ce qu’a dit
le PM” lors des questions au gouvernement, minimisait l’un de ses conseillers
en début de soirée.
En
première ligne. Mais il ne fallait pas beaucoup pousser ses soutiens hier pour
que ceux-ci y voient une reprise en main du président. “Il ne peut pas s’en
empêcher… Il va s’en prendre plein la gueule alors qu’il n’y a pas un euro pour
calmer le truc”, soupirait, dans la soirée, un familier du Palais. “C’est
Sébastien [Lecornu] qui devrait être en première ligne et prendre les coups,
pas lui”, s’agaçait un macroniste dès lundi, décrivant un PR qui l’aurait
“mauvaise” face au bazar ambiant et à l’image que cela renvoie de la France.
Retour de
l’ordre. Le Premier ministre est pourtant monté au créneau — “enfin”
diraient les mauvaises langues — dans l’après-midi, depuis l’Assemblée
nationale. Face aux députés réunis lors des questions au gouvernement,
Sébastien Lecornu a fait part de son “soulagement”
devant le bon déroulement global de la journée de mobilisation. “Enfin, nous avons un cadre légal,
déclaré, démocratique, dans lequel l’expression des désaccords peut se faire”,
s’est-il félicité.
Data. Selon
les chiffres fournis par le ministère de l’Intérieur, les manifestations ont
rassemblé 266 000 participants dont 56 000 à Paris. Les cortèges étaient
“principalement constitués de lycéens et d’étudiants mais également
d’enseignants, de parents d’élèves et d’élus de gauche et d’extrême gauche”.
488 personnes ont été interpellées et 43 forces de l’ordre blessées.
Képis
calmes and carry on. Dans l’hémicycle, Sébastien Lecornu s’en est donc
pris directement à LFI en dénonçant leur usage du terme “violences
policières”. Cela “suggérerait qu’il y ait des instructions politiques de
répression policière. C’est faux, c’est un mensonge, et c’est jeter l’opprobre
justement sur la police de la République”, a-t-il tonné. Le chef du
gouvernement a aussi fustigé le “deuxième mensonge” des troupes mélenchonistes,
celui qui “[sous-entend] que la police de la République et les militaires de la
gendarmerie seraient racistes”. Et Lecornu d’appeler à la responsabilité de
chacun face à une “situation (…) suffisamment grave pour ne pas avoir besoin
d’une classe politique lâche qui souffle sur les braises”.
Point
com’. Histoire de montrer que le gouvernement agit en toute transparence, deux
ministres seront auditionnés par les députés aujourd’hui : Edouard
Geffray, le ministre de l’Education nationale, à 10 heures par la commission
des Affaires culturelles et de l’Education. Son collègue de l’Intérieur Laurent
Nuñez est attendu à 15 heures devant la commission des Lois.
Petits
débats. Geffray a par ailleurs annoncé que les cours seront banalisés “une demi-journée”
d’ici ce week-end, pour permettre “un débat de fond, ouvert et démocratique”
dans les lycées — toute ressemblance avec les “grands débats” post-gilets
jaunes n’est pas tout à fait fortuite. L’exécutif espère ainsi reprendre la
main sur un mouvement imprévisible. “Si ça bloque moins [aujourd’hui], ça va
s’essouffler”, pronostiquait un conseiller ministériel dans l’après-midi.
FAIRE LE
GROS DOSS. Car dans le même temps, Sébastien Lecornu a d’autres sujets sur le
feu. Le budget d’abord, dont l’examen démarre en commission des Finances ce
matin, avant la séance, le 13 octobre. L’exécutif n’a pas l’intention de
laisser les oppositions imposer leur tempo en le forçant à recourir vite au
49.3 pour abréger les discussions. “On veut que les opposants se mouillent,
qu’ils disent comment ils feraient eux”, développait une source
gouvernementale, laissant augurer des débats assez longs.
Autre
dossier identifié comme prioritaire : l’agriculture, un sujet qui
“inquiète beaucoup” le PM, selon la même source. Un ministre avec qui Playbook
partageait son déjeuner hier décrivait un chef du gouvernement en ce moment
“grave” et “sombre”, conscient que, malgré des temps budgétaires difficiles,
les agriculteurs vont avoir “besoin de la solidarité de la nation”. Annoncé
début septembre, le plan de relance pour l’agriculture ne sera pourtant dévoilé
qu’après les vacances de la Toussaint, a appris votre infolettre auprès du
ministère de l’Agriculture — une conséquence de la mobilisation des
lycéens.
Défilé.
La titulaire du portefeuille, Annie Genevard, doit se rendre (sauf contre-ordre
de dernière minute, Matignon ayant demandé aux ministres de ne pas se déplacer
jusqu’à jeudi inclus, révèle Le Parisien) au salon de l’élevage à Cournon-d’Auvergne, au
chevet d’une profession très éprouvée par les pertes de récoltes liées à la
sécheresse. Ce rendez-vous sera d’ailleurs the place to be pour les
candidats à la présidentielle : après Marine Le Pen et Eric Zemmour
aujourd’hui, Gabriel Attal et Edouard Philippe ont prévu d’y faire un tour
vendredi.
MACRON
REÇOIT. Alors que la flambée de prix de l’essence ne semble pas se calmer et
que la concurrence des voitures électriques chinoises se fait de plus en plus
forte, le chef de l’Etat recevra les PDG de l’industrie de l’auto pour un dîner
à l’Elysée dimanche prochain, à la veille du Paris Motor Show, a appris
mon collègue Giorgio Leali hier. En toile de fond : les négociations entre l’UE
et la Chine pour convaincre Pékin d’exporter moins de voitures (mes collègues
font le point pour nos abonnés PRO ici). Mais aussi les discussions tendues entre Paris et
Berlin sur l’assouplissement des règles qui interdiront la vente de voitures
thermiques après 2035, révélées par
POLITICO cet été.
CONTRE-BUDGET
DU RN
SUS ! Il
n’aura pas fallu attendre bien longtemps pour voir fleurir les attaques en
incompétence visant le RN, après la présentation hier matin par Marine Le Pen
de la “trajectoire financière” de son quinquennat potentiel,
promettant plus de 140 milliards d’euros d’économies d’ici 2032. Preums,
Jean-Luc Mélenchon a
dézingué un plan qui “provoquera donc la paralysie de l’économie, […]
aggravera le déficit et la dette” ; suivi de près par un Edouard Philippe
(Horizons), iXant que le projet RN “ne tient pas la route”.
Exemples.
Le plan climatisation du RN, dont le coût est estimé à 40 milliards d’euros,
est présenté comme des “gains fiscaux ” dans le projet RN, a repéré
le Monsieur Programme du maire du Havre, Clément Tonon. Même revue “du grand
n’importe quoi” effectué par Gabriel Attal (dans une vidéo) et ses troupes. Lors d’un brief avec
la presse organisé dans la foulée de la présentation du RN, Paul Midy et Agnès
Pannier-Runacher, les deux co-responsables du programme du candidat
Renaissance, se sont employés à dénoncer “125 milliards d’euros” d’économies
“fantaisistes”, donnant en exemple les 32,5 milliards que “MLP” entend
récupérer en luttant contre la fraude, qu’ils estiment, eux, à 10 milliards au
maximum.
A la
rigueur. La trajectoire défendue par Le Pen lui permettrait, a-t-elle assuré
face aux journalistes, d’atteindre un déficit public inférieur à 3% du PIB en
2030, de ramener les dépenses publiques “sous la barre des 50 % du PIB” au
terme de son mandat et de baisser les impôts “d’au moins 30 milliards d’euros
nets”. Selon les tableaux fournis à la presse, les économies viendraient
principalement de la “Sécurité sociale” (à hauteur de 36,7 milliards d’euros),
qui serait “réorganisée et profondément simplifiée”, par exemple “en améliorant
le contrôle des prescriptions et l’organisation du système de santé”.
Mais
encore. La candidate RN a aussi évoqué “15 et 20 milliards d’économies à terme”
dégagées grâce à “des corrections de mesures injustes ou inefficaces” de notre
système de retraites. De quoi lui permettre de financer sa propre réforme
visant à ramener l’âge légal de départ à la retraite à 62 ou 60 ans — et
de faire comprendre, au passage, que celle-ci n’était pas budgétée, relève L’Opinion. Le détail sera présenté dans les prochaines
semaines, avec “un véritable pilier de capitalisation”, a-t-elle annoncé, sans
s’étendre plus sur ce point.
NEXT. Fidèle à sa ligne de ne pas parler
des “sujets futiles qui n’intéressent personne”, dixit une cadre croisée
au début de la conférence de presse, Marine Le Pen s’est gardée d’émettre le
moindre soutien à Jordan Bardella, présent à ses côtés et interrogé sur ses
propos antisémites passés rapportés par Mediapart. Elle continuera aujourd’hui, comme si de rien
n’était, sa campagne à Cournon-d’Auvergne, au sommet de l’élevage, avant de se
consacrer demain à la niche du RN à l’Assemblée nationale (une journée durant
laquelle ils ont la main sur les textes examinés).
PROLONGATIONS.
Puisqu’on parle du RN, prenons des nouvelles de son allié de l’UDR. Ce n’est
pas parce que la justice examinait hier les recours déposés sur les résultats des municipales
à Nice — la décision des juges sera connue vendredi — qu’Eric Ciotti se prépare
à quitter l’Assemblée nationale. Cumulard depuis mars dernier (en toute
légalité tant que ces contentieux n’ont pas été purgés), le Maralpin entend
bien profiter des 30 jours dont il dispose pour renoncer à son mandat de député après
l’épuisement des débats juridiques.
Líder
máximo. Pas
question de lâcher les manettes, avertissait de toute façon en riant l’un de
nos deux interlocuteurs : “Eric sera président du parti, il viendra toutes les
semaines à Paris, il présidera la réunion de groupe.” Voilà ceux qui auraient
des envies de lui succéder prévenus.
3 INFOS À
AVOIR EN TÊTE
1. Les
députés socialistes vont déposer une proposition de loi pour interdire les LBD
et les grenades de désencerclement lors des manifestations lycéennes, a annoncé
le président du groupe socialiste à l’Assemblée, Boris Vallaud, sur RMC hier.
2. La
justice a annulé hier l’élection de Raphaële Schober, seule maire RN
d’Alsace, à Wittelsheim, en raison de deux irrégularités dans le scrutin.
3. Rima
Hassan a assuré mardi sur X n’avoir “piétiné ni détérioré” aucun drapeau, après avoir
été accusée d’avoir renversé les emblèmes israélien et européen au Parlement
européen.


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