quarta-feira, 7 de outubro de 2026

PARIS PLAYBOOK par POLITICO

 


Playbook Paris

Par ÉLISA BERTHOLOMEY

Avec SARAH PAILLOU et MATTHIEU VERRIER

https://www.politico.eu/newsletter/playbook-paris/le-pen-nous-mene-en-bas-taux/

 

ET VOUS, VOUS FAITES QUOI LE 13 OCTOBRE PROCHAIN ? Parce que nous, on se fera encore tout beaux pour notre nouveau sommet sur la compétitivité à Paris, un an après le succès de notre première édition et trois semaines après notre sommet Playbook Live.

Au programme, ce coup-ci : des tables rondes sur les thèmes de l’Europe, de l’énergie, de l’IA, de l’innovation, un nouveau podcast en live, mais aussi des entretiens avec le commissaire européen Stéphane Séjourné ou la patronne d’Engie Catherine MacGregor. Sans oublier des grandes interviews avec trois candidats à la présidentielle : Edouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau. Rien que ça. C’est par ici pour venir sur place ou pour nous suivre en direct et retrouver notre programme (presque) finalisé.

Bonjour à toutes et tous, bon réveil, nous sommes mercredi 7 octobre 2026. Voici le menu :

— Mouvement lycéen : Macron reprend la main.

— Le budget pas très budgété du RN.

Dans le podcast de Playbook Paris paru hier soir : Anthony, Sarah et Jason se demandent si l’opération de Marine Le Pen pour asseoir sa crédibilité sur la maîtrise des finances publiques est réussie.

MOUVEMENT LYCÉEN

DEVINE QUI REVOILÀ. Vous vous souvenez quand on vous écrivait lundi matin qu’Emmanuel Macron “n’aurait d’autre choix que de s’occuper” de la colère lycéenne ? Nous y sommes : après avoir assisté au lancement d’un missile nucléaire (non chargé) depuis le sous-marin Le Vigilant, le chef de l’Etat a convoqué une réunion à l’Elysée hier soir, a appris Playbook en même temps que BFMTV. Un “point de suivi comme il en a fait ce week-end par téléphone”, utile pour surveiller “l’exécution de ce qu’a dit le PM” lors des questions au gouvernement, minimisait l’un de ses conseillers en début de soirée.

En première ligne. Mais il ne fallait pas beaucoup pousser ses soutiens hier pour que ceux-ci y voient une reprise en main du président. “Il ne peut pas s’en empêcher… Il va s’en prendre plein la gueule alors qu’il n’y a pas un euro pour calmer le truc”, soupirait, dans la soirée, un familier du Palais. “C’est Sébastien [Lecornu] qui devrait être en première ligne et prendre les coups, pas lui”, s’agaçait un macroniste dès lundi, décrivant un PR qui l’aurait “mauvaise” face au bazar ambiant et à l’image que cela renvoie de la France.

Retour de l’ordre. Le Premier ministre est pourtant monté au créneau — “enfin” diraient les mauvaises langues — dans l’après-midi, depuis l’Assemblée nationale. Face aux députés réunis lors des questions au gouvernement, Sébastien Lecornu a fait part de son “soulagement” devant le bon déroulement global de la journée de mobilisation. “Enfin, nous avons un cadre légal, déclaré, démocratique, dans lequel l’expression des désaccords peut se faire”, s’est-il félicité.

Data. Selon les chiffres fournis par le ministère de l’Intérieur, les manifestations ont rassemblé 266 000 participants dont 56 000 à Paris. Les cortèges étaient “principalement constitués de lycéens et d’étudiants mais également d’enseignants, de parents d’élèves et d’élus de gauche et d’extrême gauche”. 488 personnes ont été interpellées et 43 forces de l’ordre blessées.

Képis calmes and carry on. Dans l’hémicycle, Sébastien Lecornu s’en est donc pris directement à LFI en dénonçant leur usage du terme “violences policières”. Cela “suggérerait qu’il y ait des instructions politiques de répression policière. C’est faux, c’est un mensonge, et c’est jeter l’opprobre justement sur la police de la République”, a-t-il tonné. Le chef du gouvernement a aussi fustigé le “deuxième mensonge” des troupes mélenchonistes, celui qui “[sous-entend] que la police de la République et les militaires de la gendarmerie seraient racistes”. Et Lecornu d’appeler à la responsabilité de chacun face à une “situation (…) suffisamment grave pour ne pas avoir besoin d’une classe politique lâche qui souffle sur les braises”.

Point com’. Histoire de montrer que le gouvernement agit en toute transparence, deux ministres seront auditionnés par les députés aujourd’hui : Edouard Geffray, le ministre de l’Education nationale, à 10 heures par la commission des Affaires culturelles et de l’Education. Son collègue de l’Intérieur Laurent Nuñez est attendu à 15 heures devant la commission des Lois.

Petits débats. Geffray a par ailleurs annoncé que les cours seront banalisés “une demi-journée” d’ici ce week-end, pour permettre “un débat de fond, ouvert et démocratique” dans les lycées — toute ressemblance avec les “grands débats” post-gilets jaunes n’est pas tout à fait fortuite. L’exécutif espère ainsi reprendre la main sur un mouvement imprévisible. “Si ça bloque moins [aujourd’hui], ça va s’essouffler”, pronostiquait un conseiller ministériel dans l’après-midi.

FAIRE LE GROS DOSS. Car dans le même temps, Sébastien Lecornu a d’autres sujets sur le feu. Le budget d’abord, dont l’examen démarre en commission des Finances ce matin, avant la séance, le 13 octobre. L’exécutif n’a pas l’intention de laisser les oppositions imposer leur tempo en le forçant à recourir vite au 49.3 pour abréger les discussions. “On veut que les opposants se mouillent, qu’ils disent comment ils feraient eux”, développait une source gouvernementale, laissant augurer des débats assez longs.  

Autre dossier identifié comme prioritaire : l’agriculture, un sujet qui “inquiète beaucoup” le PM, selon la même source. Un ministre avec qui Playbook partageait son déjeuner hier décrivait un chef du gouvernement en ce moment “grave” et “sombre”, conscient que, malgré des temps budgétaires difficiles, les agriculteurs vont avoir “besoin de la solidarité de la nation”. Annoncé début septembre, le plan de relance pour l’agriculture ne sera pourtant dévoilé qu’après les vacances de la Toussaint, a appris votre infolettre auprès du ministère de l’Agriculture — une conséquence de la mobilisation des lycéens.

Défilé. La titulaire du portefeuille, Annie Genevard, doit se rendre (sauf contre-ordre de dernière minute, Matignon ayant demandé aux ministres de ne pas se déplacer jusqu’à jeudi inclus, révèle Le Parisien) au salon de l’élevage à Cournon-d’Auvergne, au chevet d’une profession très éprouvée par les pertes de récoltes liées à la sécheresse. Ce rendez-vous sera d’ailleurs the place to be pour les candidats à la présidentielle : après Marine Le Pen et Eric Zemmour aujourd’hui, Gabriel Attal et Edouard Philippe ont prévu d’y faire un tour vendredi.

MACRON REÇOIT. Alors que la flambée de prix de l’essence ne semble pas se calmer et que la concurrence des voitures électriques chinoises se fait de plus en plus forte, le chef de l’Etat recevra les PDG de l’industrie de l’auto pour un dîner à l’Elysée dimanche prochain, à la veille du Paris Motor Show, a appris mon collègue Giorgio Leali hier. En toile de fond : les négociations entre l’UE et la Chine pour convaincre Pékin d’exporter moins de voitures (mes collègues font le point pour nos abonnés PRO ici). Mais aussi les discussions tendues entre Paris et Berlin sur l’assouplissement des règles qui interdiront la vente de voitures thermiques après 2035, révélées par POLITICO cet été.

CONTRE-BUDGET DU RN

SUS ! Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps pour voir fleurir les attaques en incompétence visant le RN, après la présentation hier matin par Marine Le Pen de la “trajectoire financière” de son quinquennat potentiel, promettant plus de 140 milliards d’euros d’économies d’ici 2032. Preums, Jean-Luc Mélenchon a dézingué un plan qui “provoquera donc la paralysie de l’économie, […] aggravera le déficit et la dette” ; suivi de près par un Edouard Philippe (Horizons), iXant que le projet RN “ne tient pas la route”.

Exemples. Le plan climatisation du RN, dont le coût est estimé à 40 milliards d’euros, est présenté comme des “gains fiscaux ” dans le projet RN, a repéré le Monsieur Programme du maire du Havre, Clément Tonon. Même revue “du grand n’importe quoi” effectué par Gabriel Attal (dans une vidéo) et ses troupes. Lors d’un brief avec la presse organisé dans la foulée de la présentation du RN, Paul Midy et Agnès Pannier-Runacher, les deux co-responsables du programme du candidat Renaissance, se sont employés à dénoncer “125 milliards d’euros” d’économies “fantaisistes”, donnant en exemple les 32,5 milliards que “MLP” entend récupérer en luttant contre la fraude, qu’ils estiment, eux, à 10 milliards au maximum.

A la rigueur. La trajectoire défendue par Le Pen lui permettrait, a-t-elle assuré face aux journalistes, d’atteindre un déficit public inférieur à 3% du PIB en 2030, de ramener les dépenses publiques “sous la barre des 50 % du PIB” au terme de son mandat et de baisser les impôts “d’au moins 30 milliards d’euros nets”. Selon les tableaux fournis à la presse, les économies viendraient principalement de la “Sécurité sociale” (à hauteur de 36,7 milliards d’euros), qui serait “réorganisée et profondément simplifiée”, par exemple “en améliorant le contrôle des prescriptions et l’organisation du système de santé”.

Mais encore. La candidate RN a aussi évoqué “15 et 20 milliards d’économies à terme” dégagées grâce à “des corrections de mesures injustes ou inefficaces” de notre système de retraites. De quoi lui permettre de financer sa propre réforme visant à ramener l’âge légal de départ à la retraite à 62 ou 60 ans — et de faire comprendre, au passage, que celle-ci n’était pas budgétée, relève L’Opinion. Le détail sera présenté dans les prochaines semaines, avec “un véritable pilier de capitalisation”, a-t-elle annoncé, sans s’étendre plus sur ce point.

NEXT. Fidèle à sa ligne de ne pas parler des “sujets futiles qui n’intéressent personne”, dixit une cadre croisée au début de la conférence de presse, Marine Le Pen s’est gardée d’émettre le moindre soutien à Jordan Bardella, présent à ses côtés et interrogé sur ses propos antisémites passés rapportés par Mediapart. Elle continuera aujourd’hui, comme si de rien n’était, sa campagne à Cournon-d’Auvergne, au sommet de l’élevage, avant de se consacrer demain à la niche du RN à l’Assemblée nationale (une journée durant laquelle ils ont la main sur les textes examinés).

PROLONGATIONS. Puisqu’on parle du RN, prenons des nouvelles de son allié de l’UDR. Ce n’est pas parce que la justice examinait hier les recours déposés sur les résultats des municipales à Nice — la décision des juges sera connue vendredi — qu’Eric Ciotti se prépare à quitter l’Assemblée nationale. Cumulard depuis mars dernier (en toute légalité tant que ces contentieux n’ont pas été purgés), le Maralpin entend bien profiter des 30 jours dont il dispose pour renoncer à son mandat de député après l’épuisement des débats juridiques.

Líder máximo. Pas question de lâcher les manettes, avertissait de toute façon en riant l’un de nos deux interlocuteurs : “Eric sera président du parti, il viendra toutes les semaines à Paris, il présidera la réunion de groupe.” Voilà ceux qui auraient des envies de lui succéder prévenus.

3 INFOS À AVOIR EN TÊTE

1. Les députés socialistes vont déposer une proposition de loi pour interdire les LBD et les grenades de désencerclement lors des manifestations lycéennes, a annoncé le président du groupe socialiste à l’Assemblée, Boris Vallaud, sur RMC hier. 

2. La justice a annulé hier l’élection de Raphaële Schober, seule maire RN d’Alsace, à Wittelsheim, en raison de deux irrégularités dans le scrutin.

3. Rima Hassan a assuré mardi sur X n’avoir “piétiné ni détérioré” aucun drapeau, après avoir été accusée d’avoir renversé les emblèmes israélien et européen au Parlement européen.



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